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Sur initiative du Gouvernement américain
s'est tenue à Bamako les 12 et 13 janvier 2005, une rencontre
de haut niveau sur les difficultés des filières
cotonnières de l'Afrique de l'Ouest et du Centre. Cette rencontre a regroupé
d'une part les Ministres chatgés du Commerce et de l'Agriculture
et les Ambassadeurs à Washington de cinq pays d'Afrique
de l'Ouest et du Centre (Bénin, Burkina Faso, Mali, Sénégal
et Tchad) et d'autre part une délégation américaine
conduite par le Dr James G. Butler Sous Secrétaire Adjoint
à l'Agriculture et aux services Agricoles à l'Etranger. Elle fait suite à la visite de travail effectuée
aux USA par les Ministres chagés de l'Agriculture et du
Commerce des quatres pays co-auteur de l'initiative sectorielle
en faveur du coton en juillet 2004 et à la visite sur
le terrain dans les différents pays d'une équipe
technique américaine qui s'en est suivie en Septembre
2004. Les Ministres se félicitent de cette
initiative et de l'intérêt que porte le Gouvernement
américain à la filière coton d'Afrique.
Ils salient l'effort fourni par la partie américaine pour
mieux comprendre l'organisation et le fonctionnement de nos filières
coton. Le rapport d'évaluation sur la production,
la transformation et la commercialisation du coton de l'Afrique
de l'Ouest et du Centre reconnaît le rôle fondamental
et stratégique que joue le coton dans l'économie
de nos pays:
* Plus de 10 millions de personnes tirent
l'essentiel de leurs revenus de cette production; *
Le coton représente 5 à 10 % du PIB et plus de
50 % des recettes d'exportation; * La réalisation
d'infrastructures communautaires (centres de santé, écoles,
eau etc...) * La réalisation et l'entretien
de pistes rurales
De même ce rapport reconnaît que
le coton africain est compétitif en terme de coût
de production et de qualité, quoique des améliorations
soient encore possibles.
Cependant si le rapport met l'accent sur la
concurrence des fibres synthétiques et l'augmentation
de l'offre pour expliquer la baisse des cours mondiaux du coton,
il passe sous silence l'impact négatif des subventions
(soutiens internes et subvention à l'exportation) accordées
par certains pays développés. Les propositions
contenues dans le rapport sont en cohérence avec les cadres
stratégiques nationaux de développement du secteur
coton dans nos diffrents pays. Toutefois elles ne portent que
sur des stratégies d'amélioration de la compétitivité
des filières à moyen et long terme. La
crise actuelle des filières cotonnières est la
conséquence de la chute drastique des cours sur la marché
international. Cette situation s'explique par une production
mondiale record en grande partie par les subventions.
La baisse des cours sur la marché mondial
tend à être structurelle à cause de ces subventions.
Pour lutter contre cette situation quatre pays africains parmi
les moins avancés ont soumis à l'OMC en avril 2003
l'initiative Sectirielle en faveur du coton qui porte sur quatre
mesures suivantes:
* l'urgence à trouver une solution
à la crise * la réduction des subventions
et la fixation d'un terme pour leur suppression totale; *
la réparation des préjudices subis pendant la période
transitoire; * le traitement spécifique
du dossier coton en dehors des négociations globales sur
l'agriculture.
Bien que cette initiative ait été
favorablement acceuillie par la majorité des pays membres
présents à la 5ème Conférence Ministérielle
de l'OMC tenue à Cancun en Septembre 2003, aucune des
ces mesures n'a trouvé un début de réalisation
à ce jour. Par ailleur, la réunion
du Conseil Général de l'OMC, tenue fin juillet
2004 à Genève, a prévu le traitement du
dossier coton de manière <<ambitieuse, rapide et
spécifique>> dans le cadre des négiciations
sur l'agriculture. Force est de constater que
la crise que traversent les filières coton, loin de trouver
une solution, s'aggrave. En effet, pour la seule campagne 2004-2005,
l'Afrique de l'Ouest et du Centre connaîtra un déficit
estimé à plus de 220 milliards F CFA soit 400 millions
US $ aggravant ainsi la pauvreté et en annihilant les
efforts de développement. Avec un tel déficit,
si des mesures urgentes et appropriées ne sont pas prises
immédiatement au sortir de cette réunion, toutes
les filières cotonnières risquent de disparaître,
entraînant du coup des problèmes économiques
sociaux et politiques incalculables dans une sous-région
déjà en proie à des conflits inquiétant
pour le développement. Pour éviter
cette catastrophe et garantir un développement durable
des filières coton en Afrique de l'Ouest et du Centre,
nous réitérons la demande de suppression des subventions
à l'exportation et des mesures de soutien interne qui
créent des distorsions aus échanges.
En attendant, nous proposons les mesures urgentes
suivantes:
* La mise en place immédiate d'un fonds
de soutien pour assurer la survie de nos filières; * L'appui à la mise en oeuvre des propositions
de développement du secteur coton, jugées pertinentes,
contenues dans le rapport d'évaluation; *
L'appui à l'accroissement du taux de transformation locale
du coton
Fait à Bamako le 13
janvier 2005 |