A tous nos collaborateurs, cadres et agents, exploitants agricoles, partenaires techniques et financiers,
Au moment où nous abordons la campagne agricole 2004-2005, j’ai voulu saisir l’opportunité offerte par l’édition 00 de La Lettre agricole pour exprimer ma totale satisfaction pour les résultats enregistrés au titre de la campagne agricole 2003-2004.
Ces résultats méritoires n’ont pu être réalisés que grâce à l’engagement de chacun de vous, cadres et agents auprès des paysans et paysannes de notre pays. Ces résultats n’ont été possibles également que parce que le monde rural a été réellement motivé et stimulé par le lancement de la Campagne agricole par Son Excellence Amadou Toumani TOURE.

 Cependant, ces performances ne doivent pas nous faire oublier les défis et enjeux majeurs de notre agriculture. Notre objectif de parvenir à la sécurité alimentaire durable, le défi de l’intégration économique sous-régionale et la mondialisation exigent de chacun d’entre nous une très grande performance pour accroître sans cesse la production et la productivité agricoles, améliorer la qualité du service public, et renforcer la capacité des organisations paysannes. C’est là autant de raisons qui doivent stimuler nos efforts pour réussir la campagne agricole 2004-2005.
Nous devrons au cours de cette campagne réussir nos objectifs de production de 4 millions de tonnes de céréales dont  un million de maïs et 1,230 million de paddy.
S’agissant des cultures agro-industrielles, je voudrais surtout que nous consolidions les résultats remarquables de la production cotonnière et maintenir notre pays au premier rang des pays africains producteurs de coton. Parmi les mesures structurelles retenues pour rendre plus performante notre filière coton, le processus de privatisation de la CMDT sera conduit pour l’échéance 2006 et les actions vigoureuses de lutte contre les méfaits de la subvention du coton des pays développés seront poursuivies au sein de l’OMC. La diversification de la production agricole pour sécuriser les revenus des exploitants agricoles constitue également un enjeu et c’est pour cette raison que le gouvernement a décidé de promouvoir la culture du blé dans les régions nord notamment à Tombouctou.
Notre politique agricole doit développer sa dimension commerciale et sous-régionale sur la base des avantages comparatifs de nos filières les plus porteuses. C’est pourquoi l’Office du Niger sera au centre des préoccupations du département en vue de le rendre plus attractif pour les investisseurs privés, nationaux et internationaux (CEN-SAD, UEMOA, CEDEAO, et autres). Le schéma directeur en cours d’élaboration offre le cadre idéal pour ce faire sur la base des expériences et leçons du PNIR.
Nous devrons nous réjouir aujourd’hui des résultats appréciables de nos services de recherche qui ont mis au point des variétés et des technologies performantes que nous exploitons aujourd’hui.

Chers collègues, notre administration connaît également des mutations positives. J’en veux pour preuve les moyens importants de renforcement de capacité des structures de terrain et des organisations paysannes à travers le PASAOP. D’importants efforts ont été faits dans ce sens au cours des douze derniers mois, c’est là la preuve que notre gouvernement attache une importance particulière au développement du secteur agricole. Il vous appartient à chacun, dans sa localité et dans son domaine d’intervention spécifique de réaliser sa part de contrat nous liant à nos partenaires, les exploitants agricoles et leurs organisations.
Paysannes et paysans, je voudrais tout d’abord prier Dieu le Tout-puissant afin qu’il gratifie le Mali d’une bonne pluviométrie et une bonne campagne agricole 2004-2005. Je mesure encore cette année toutes les contraintes auxquelles vous êtes confrontés et je puis vous assurer que nous travaillons chaque jour avec vous pour lever ces contraintes. La conjonction d’un certain nombre de facteurs (difficultés d’approvisionnement en intrants, système encore inadapté de crédit, concurrence sous-régionale) nous oblige aujourd’hui à une plus grande rigueur dans la gestion de nos exploitations. Le gouvernement s’emploie à mettre en place avec vous un train de mesures pour limiter l’incidence négative de ces facteurs.
M’adressant à tous nos partenaires techniques et financiers, l’occasion me paraît opportune pour vous réitérer toute la gratitude du gouvernement du Mali et des sociétés agricoles de notre pays pour les efforts appréciables que vous ne cessez de déployer dans le cadre du développement agricole du Mali. Je souhaite encore cette année pouvoir compter sur votre disponibilité et votre assistance technique et financière pour la réussite de la présente campagne agricole.
Je souhaite particulièrement mettre l’accent sur le grand intérêt que nous attachons à la réalisation de certains programmes majeurs parmi lesquels je citerai la poursuite de l’aménagement de 50 000 ha d’ici 2007, le renforcement des capacités des institutions publiques et privés de développement agricole, la poursuite de désenclavement de nos régions agricoles, la mise en place d’un système de crédit et des équipements agricoles mieux adaptés.
Pour ma part je voudrai vous assurer de ma parfaite disponibilité à poursuivre et à intensifier le dialogue sur nos politiques agricoles.
A toutes et à tous, je souhaite une bonne et heureuse année et une bonne campagne agricole.


Le Ministre Seydou TRAORE