Le criquet pèlerin, voici un insecte des
plus incroyables qui défraie la chronique ces temps-ci
! Avec ses 2 grammes de poids, cet herbivore migrateur dévore
autant que son propre poids dans la journée. On peut compter
jusquà 50 millions dindividus de criquets
pèlerins par kilomètre carré dans un essaim
de densité moyenne, et une tonne de cet insecte (soit
une petite fraction d'un essaim moyen) mange en un seul jour
autant que 10 éléphants ou 25 dromadaires ou 2
500 personnes. Il n'épargne aucune culture. Il peut endommager
gravement la végétation naturelle, ce qui est lourd
de conséquence pour l'élevage puisque le bétail
ne trouvera plus de quoi s'alimenter. Il peut aussi causer des
dégâts sévères sur le blé,
l'orge, les agrumes, les palmiers dattiers, le mil, le sorgho,
les légumes, etc., ce qu'on appelle les cultures vivrières
d'un pays.
Cest dire quavec larrivée massive de
lAfrique Nord des essaims de criquets pèlerins vers
lAfrique de lOuest on sattend à une
véritable catastrophe humanitaire dans les pays de la
sous région Ouest africaine.
Les neuf pays du Maghreb et dAfrique de lOuest concernés
par le fléau, non moyens conscients du danger se sont
réunis le 27 juillet dernier à Alger pour mettre
au point un plan de lutte contre ces criquets qui ont déjà
détruit cette année plus de six millions dhectares
de culture et menacent les économies locales. Mais les
résultats escomptés nont pas été
obtenus à lissue de cette rencontre. Sur près
dune centaine de millions de dollars requis pour mettre
en uvre ces plans de lutte , seule une dizaine ont été
octroyés.
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Les bailleurs de fonds et les partenaires
au développement se montrent timides dans le déblocage
des fonds et la communauté internationale, bien quavertie
depuis le mois de septembre dernier sur limminence du danger,
tarde à se mobiliser convenablement. Comme dhabitude,
elle attend encore que la catastrophe se produise pour enfin
réagir quand il sera trop tard.
Aujourdhui dans notre pays la situation nest pas
moins préoccupante. Plus de 70 essaims ont été
signalés à travers toutes les régions du
pays. Et si les ufs pondus par les insectes de ci et là
venaient à séclore, cest la famine
qui guette ainsi toute la partie Nord du pays.
Pourtant la lutte contre ces acridiens avaient été
prise très au sérieux par le gouvernement qui en
dépit de ses moyens limités, a mobilisé
près de 300 millions de nos francs pour lachat de
pesticides, déquipements et fonctionnement des 18
équipes de terrain déployées. Dautres
contributions ont été faites par le PASAOP, les
partenaires au développement à travers la FAO,
lUSAID et les pays du Maghreb. Mais malgré tout,
dénormes efforts restent encore à faire,
puisque selon les estimations, il faudrait au Mali 2 milliards
de francs CFA pour mener à terme son combat antiacridien.
Une cellule de crise contre le criquet pèlerin a été
mise en place par le Ministère de lAgriculture ainsi
quun PC opérationnel pour coordonner toutes les
opérations. Le Ministre de lAgriculture na
pas hésité de son côté de descendre
lui-même sur le terrain pour suivre la mise en oeuvre du
plan daction de lutte contre ces insectes.
Mais faut-il le dire, tous ces efforts, aux côtés
de lenvergure du danger, semble un peu à une goutte
deau dans la mer. Une aide durgence semble donc plus
que jamais nécessaire.
En somme le constat densemble est alarmant et amer pour
ne pas dire pessimiste. Mais si les nombreuses promesses daide
faites çà et là par les partenaires au développement,
les bailleurs de fonds et la communauté internationale
venaient à se matérialiser, lespoir serait
peut-être permis.
Taoffic M. TOURE
Taoffic M. TOURE |
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