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 DECLARATION DE BAMAKO SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE COTONNIERE EN AFRIQUE DE L'OUEST ET DU CENTRE
 
 
 

SITUATION DU SECTEUR RURAL

La population malienne est estimée à 9,8 millions d'habitants en 1998 (Recensement Général de 1998). Elle est essentiellement rurale, 70% au moins, avec un taux de croissance de 2,2%. Ce taux est de 1,4 % en milieu rural et de 4,1% en milieu urbain.
Cette population est inégalement répartie sur une superficie de 1.241.138 Km2 dont près de 60 % appartiennent à la zone sub-saharienne ou désertique. Le pays est de surcroît enclavé au cœur de l'Afrique de l'Ouest et la capitale Bamako est distante de 1500 Km et 1285 Km des ports les plus proches qui sont situés sur le littoral atlantique, respectivement Dakar par la voie ferrée et Abidjan par la route.
Le climat, de type intertropical continental, est caractérisé par une longue saison sèche et une saison des pluies dont la durée varie en moyenne de 2 mois au Nord à 5-6 mois au Sud. La pluviométrie moyenne varie de moins de 100 mm au Nord à plus de 1.200 mm au Sud. La fréquence des sécheresses (1972-1973, 1977-1979, 1982-1983 et 1985-1987) semble se placer dans le cadre d'un changement climatique qui tend vers l'aridité et qui se manifeste par une diminution globale des pluies utiles et un déplacement des isohyètes de 200 km vers le Sud.

Nonobstant ce climat aride, le Mali recèle un potentiel en ressources naturelles riches et variées. Les fleuves Niger et Sénégal et leurs affluents le traversent respectivement sur 1.700 Km d'Est en Ouest et sur 900 Km du Sud-Ouest à l'Ouest. Le Delta intérieur du Niger s'étend sur plus de 30.000 Km² et figure parmi les plus grandes richesses écologiques du pays.

Le Mali est relativement bien pourvu en terres cultivables. En effet, une étude du Projet d'Inventaire des Ressources Terrestres donne les chiffres suivants : superficie totale 124 millions ha dont 74,8 millions ha de déserts, 5,5 millions ha de forêts, 43,7 millions ha (35%) utilisables pour l'agriculture et l'élevage. Les terres aptes à l'irrigation, sous réserve d'aménagement, ont été classées en neuf régions hydrauliques dont le potentiel est estimé à 2 200 000 ha.

Place du secteur agricole dans l'économie

Le pays a enregistré une croissance économique réelle positive entre 1991 et 1999. En moyenne, le taux de croissance est de 4,41%, soit le double du taux d'accroissement de la population (Comptes économiques du Mali; DNSI, Juillet 2000). La contribution des produits agricoles (coton, céréales, élevage) au PIB demeure toujours élevée, 45 % en moyenne sur la période. Le secteur secondaire participe pour 20 à 25 % à la formation du PIB. Hormis la production aurifère, ce secteur est très peu structuré et non intégré au secteur agricole, base de l'économie. Le secteur tertiaire qui contribue pour 30 à 35 % du PIB, reste toujours dominé par les activités commerciales.

L'amélioration de la croissance n'a pas empêché l'incidence de la pauvreté de demeurer toujours élevée. Celle-ci est passée de 69,0% de la population en 1998 à 64,2% en 1999 avec un seuil de pauvreté qui est établi à 97 843 FCFA pour l'année 1999 (ODHD; 2000).
En outre, le marché du travail n'a pas pu suivre ces performances économiques. En effet dans le domaine de l'emploi, la situation est caractérisée par le chômage et le sous-emploi qui constituent des problèmes de plus en plus aigus. Ils deviennent chroniques parce que le secteur moderne de l'économie ne se développe pas assez vite pour compenser les effets de la croissance rapide de la population.

Selon l'Observatoire de l'Emploi et de la Formation (OEF), le chômage est un phénomène essentiellement urbain (12.5% en milieu urbain contre 1,1 % en milieu rural en 1997); les jeunes et les femmes sont les plus concernés. Les jeunes sont les plus touchés, 86 % des chômeurs sont âgés de 14 à 39 ans, les jeunes diplômés étant les plus nombreux.

Il est à noter aussi qu'environ deux jeunes sur trois (65 %), de 15 à 24 ans, dans le secteur rural ne sont occupés au plus que 6 mois dans l'année. Cette situation a pour corollaire un exode massif des jeunes travailleurs du secteur. La durée moyenne d'absence des partants est de 4 mois.
Pour la même période, le taux de croissance moyen du secteur agricole est de 3,6 % par an, également supérieur au taux de croissance de la population. Cette contribution en dehors des branches de la pêche, des produits forestiers et de cueillette, s'élève à 340 milliards de FCFA en 1999 soit 38% du PIB (Comptes économiques du Mali; DNSI, Juillet 2000). La branche riz compte pour 4% du PIB, soit 44,0 milliards de F CFA en 1999, presque autant que le coton.

De récentes études estiment que la contribution globale des cultures vivrières à la valeur ajoutée du secteur agricole a été en moyenne de 52 % entre 1992 et 1998. Le coton demeure un produit leader avec un taux de croissance moyen de 9 %, une contribution à la part de la valeur ajoutée réalisée par l'ensemble du secteur agricole d'environ 30 % et un impact de 1,1 % sur la croissance générale de l'économie. Le riz a fortement contribué aussi avec un taux d'accroissement moyen de 12,7 %. Les produits forestiers (bois et produits de cueillette) ont enregistré un taux de croissance de 3,5%, proche de la croissance du secteur. Leur contribution à la valeur ajoutée du secteur a été de 8,5 %, soit 2 fois celle de l'élevage.

Aussi, l'élevage contribue :
au PIB pour environ 10% ; à la production du secteur rural pour 25 à 30% ;
dans les recettes d'exportation pour environ 11% par an en moyenne ; au revenu des populations rurales pour près de 82% dans les système pastoraux et 18% dans les systèmes agro-pastoraux.

L'élevage participe également dans l'alimentation humaine, procure la force de travail, la fumure organique et ses sous/produits. Il constitue la principale source de subsistance pour 30% de la population malienne.
La politique de l'élevage vise une augmentation de sa contribution à l'économie nationale et sous/régionale.

En période hydrologique normale, la production halieutique se situe autour de 100 000 t / an. La consommation de poisson peut être estimée à environ 10,5 kg / an / habitant, que l'on peut comparer avec une consommation de viande de l'ordre de 7,8 kg / an /habitant.
Le nombre de pêcheurs est estimé en moyenne à 70 000 ; environ 260 000 personnes sont concernées par la pêche, ce qui correspond à 3,6 % de l'ensemble de la population rurale malienne (environ 7,2 millions). Ainsi, 285 000 emplois, soit environ 7,2 % de la population active sont générés par la filière pêche. La valeur ajoutée de l'ensemble de la filière est évaluée à 30 milliards de FCFA (environ 60 millions $ EU) représentant 4,2 % du PIB total du pays.
La pêche contribue également pour une part importante au budget de l'Etat, par les divers impôts et taxes prélevés, soit pour environ 3 milliards.
Les importations de céréales ont connu une forte baisse ces dernières années, sauf pour le blé, dont la production nationale est insuffisante et pour lequel il existe une forte demande. Cette diminution est due à l'amélioration sensible des conditions climatiques et aux performances du secteur rizicole malien. Le niveau des importations reste cependant fonction des aléas climatiques et du niveau de production global des céréales.
Les exportations agricoles (coton, élevage, céréales, fruits et légumes) produisent environ 75 % des recettes d'exportation. Le coton (526.000 T en 1998), qui est fortement dépendant des cours mondiaux et des facteurs extérieurs, intervient à lui seul pour 40 à 50 %. Les exportations de bétail (viande, cuirs et peaux), soit 20 à 30 % du total, qui ont bénéficié dans un premier temps d'un certain regain après la dévaluation de 1994, sont freinées actuellement par les mesures de protection prises par les pays voisins.
En ce qui concerne les débouchés pour les produits agricoles, les flux des exportations des produits alimentaires (céréales, fruits et légumes, viande, etc.) du Mali indiquent que les pays voisins (Burkina Faso, Côte Ivoire, Mauritanie, Niger, Sénégal) sont les principaux importateurs des produits alimentaires maliens.
La politique commerciale au Mali sur le plan régional s'appuie sur les traités de la CEDEAO et de l'UEMOA dont il est membre. Toute la réglementation commerciale se conforme désormais à ces Traités. Pour toutes ces raisons, le secteur se positionne pour mieux renforcer ses avantages comparatifs et contribuer à la mise en œuvre du NEPAD qui fait de l'agriculture un domaine prioritaire pour réaliser un progrès économique de grande envergure en passant par une sécurité alimentaire améliorée.

VISION DU DEVELOPPEMENT DU SECTEUR RURAL
VISION DU DEVELOPPEMENT DU SECTEUR RURAL - HORIZON 2007
Des opinions, suggestions et recommandations émises lors des différentes rencontres, et souvent traduites dans des documents, ainsi que des programmes des services et institutions, il ressort une vision partagée du développement du secteur, la même émise par les Etats Généraux du monde rural qui ont réuni les représentants des Chambres d'Agriculture, de Commerce et d'Industrie, des Organisations Professionnelles Paysannes, des Organisations Non-Gouvernementales et de la Société Civile aux côtés des institutions et services de l'Etat, à la faveur des évènements du 21 mars 1991. En effet, toutes les opinions admettent une décentralisation des activités du Secteur du Développement Rural et ne sont point contraires à la libre administration des collectivités locales, de leur compétence et de leurs ressources.

Elles permettent de recommander :
des rapports fondés sur un partenariat efficient entre l'Administration de l'agriculture et le Monde Rural et, entre l'Administration de l'Agriculture et le reste de l'Administration Nationale;
des investissements publics planifiés avec la participation du monde rural et effectués sous son contrôle;
le développement institutionnel du secteur.;
Tout cela dans une vision de l'information et de la communication centrée sur les exigences de qualité et de fiabilité de l'information, et sur une approche de communication rurale efficiente et tournée vers le développement.

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