DISCOURS DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A LA CLOTURE DE LA JOURNEE DU PAYSAN
(MOPTI 14 JUIN 2004)

Monsieur le Ministre de l'Environnement
Monsieur le Ministre de l'Elevage et de la Pêche
Monsieur le Ministre de l'Agriculture ;
Madame le Ministre de la Promotion de la Femme, de l'Enfant et de la Famille
Mesdames, Messieurs les Membres du Gouvernement
Madame, Messieurs les Représentants des Institutions de la République ;
Excellences Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisation Internationales ;
Monsieur le Gouverneur de la région de Mopti
Monsieur le Président de l'APCAM
Mesdames, Messieurs les membres du Bureau Consulaires de l'APCAM ;
Messieurs les Présidents des Organisations Paysannes et Syndicats de Producteurs ;
Mesdames, Messieurs les Agriculteurs, Eleveurs, Pêcheurs et Exploitant Forestiers ;
Mesdames, Messieurs, chers invités,

Le 14 juins 2003 à Koutiala, lors de la clôture de la Première ''Journée du Paysan'', nous avions prie , allah, le tout puissant, pour qu'il gratifie d'une bonne pluviométrie.

Un an après, il nous plait de lui rendre grâce, d'avoir exaucé nos vœux et de nous avoir permis d'atteindre des résultats appréciables, en matière de Production Agricoles.

Mesdames, Messieurs les agriculteurs,

En appréciant, aujourd'hui, le chemin parcouru, il me plait de constater que l'engagement des producteurs, à tous les niveau d'une part et la mise à disposition d'intrants agricoles et de semences d'autres part, ont permis de battre tous les records nationaux de Production céréalières.

Celle-ci, en effet s'élève cette année à 3.409.241 tonnes, soit 34% de plus qu'en 2003-2004 et 32% de hausse, par rapport à la moyenne des cinq dernières années. En effet ce qui concerne le coton, la production de 612.637 Tonnes, jamais enregistrées jusque là, place le Mali, au premier rang des Producteurs en Afrique.

Comme pour compéter un Tableau aussi stimulant, les conditions d'alimentation et d'abreuvement des animaux et celles de production de poisson, sont demeurées bonnes, tout au long de l'année.

C'est pour cette raison, que nous pensons modestement, que les perspectives, pour une sécurité alimentaire durable commencent à se réaliser.

Aussi, je vous invite à contribuer sans relâche à leur renforcement.

Monsieur le Président de l'APCAM,

14 juin 2003, nous avions pris à Koutiala certains engagements, qu'il me plait de rappeler ici.

Il s'agit :

- d'institutionnaliser le 'journée du Paysan'
- de mettre en place un Comité de suivi ;
- d'appuyer la mise en place d'un Fond d'investissement Agricole ;
- de mettre en œuvre le Programme Emploi Jeune en Milieu Rural ;
- d'appuyer la mise en place d'une structure Faîtière des femmes Rurales ;
- de développer la maraîchage autour de Bamako ;
- d'élaborer et faire adopter une Loi d'orientation Agricole ;
- et de procéder à la restructuration du Ministère de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche ;

Nous venons d'écouter l'état d'exécution de ces engagements et des recommandations formulées, par les paysans en 2003.

La situation qui a été présentée prouve qu'il y a eu un traitement approprié de ce dossier.
C'est dans le même Esprit qu'un Décret en date du 1er Décembre 2003, institue, " la Journée du Paysan ", qui aura lieu chaque année au mois de Juin.

Le même décret met aussi en place un Comité National de Suivi, dont les Représentants des Producteurs Agricoles, des Femmes Rurales et des jeunes Ruraux, sont membres.

En choisissant de faire de l'Agriculture " le moteur de notre économie ", j'avais conscience de la nécessité d'associer davantage les acteurs du Monde Rural dans la définition des Politiques, mais aussi de l'urgence d'étoffer le cadre législatif de notre agriculture.

C'est le sens à donner à la " Loi d'orientation Agricole ", qui se veut un instrument Fédérateur, de l'Ensemble des Dispositions Législatives et Réglementaires, touche aux domaines de l'Agriculture, de l'Elevage, de la Pêche et de la Forêt.

Il s'agit, certes, d'une Loi ordinaire, mais elle exprime notre ferme volonté politique de mettre tous les atouts de notre côté pour une agriculture performante.

Mesdames, les femmes Rurales,

Vous avez mis en place, il y a quelques jours, une faîtière. Je vous en félicite et vous assure de notre entière disponibilité et de notre soutien, dans la recherche de solutions à vos nombreux problèmes. J'invite les jeunes ruraux à faire autant.

Mesdames, Messieurs les agriculteurs,

Le Gouvernement a mis à la disposition du Ministère de l'Agriculture, par un Décret pris le 27 avril 2004, deux parcelles d'une centaine d'hectares à Samanko, pour le développement du maraîchage.

J'invite l'ensemble des Gouverneurs, à prendre les dispositions, pour que partout les maraîchers bénéficient de conditions similaires.

Mesdames, Messieurs les éleveurs et pêcheurs

A la faveur du dernier remaniement ministériel, intervenu le 02 mai 2004, nous avons créé un Ministère de l'Elevage et de la Pêche et un Ministère de l'Agriculture, afin de mieux traduire en actions concrètes notre engagement à faire jouer son rôle à chacune des composantes du monde rural.
Je puis vous assurer, que nos partenaires au développement comprennent les exigences des producteurs que vous êtes, et nous accompagne, dans la restructuration en cours.

Mesdames, Messieurs,

En dépit de ces de ces résultats et progrès appréciables enregistrés, il faut cependant signaler que le secteur rural a connu un certains nombre de problèmes, comme le retard dans l'enlèvement et le paiement du coton, le paiement de la redevance eau en zone Office du Niger, la Mandature des Chambres d'Agriculture actuellement en place.

Je souhaite qu'ensemble, avec les syndicats des producteurs et les organisations paysannes, nous puisons tirer les enseignements des crises passées et éviter des positions pouvant constituer des obstacles à l'élan de développement de notre pays.

Mesdames, Messieurs,

Après ce constat, je voudrais davantage insister sur le besoin absolu de faire valoriser, notre secteur rural qui occupe la majorité de la population active.

Dans le cadre, emploi des jeunes en milieu rural, doit être accéléré avec la conduite des travaux à haute intensité de main d'œuvre, la promotion de petites et moyennes entreprises, particulièrement d'entreprises agricoles.

La maîtrise de l'eau pour l'irrigation, doit être poursuivie et consolidée. Déjà 22.338 ha sont aménagés, où sont en voie de l'être, sur les 50.000 ha prévus d'ici 2007.

Je puis vous informer que 70% du financement est acquis et que nos efforts seront mantenus, quant à la Recherche du reliquat, soit 30%.

Par ailleurs, la récente mise à disposition de la CEN-SAD, de 100.000 Ha en zone Office du Niger traduit notre volonté d'étendre les infrastructures Economiques de base et de créer des conditions propres aux investissements Nationaux et Etrangers.

L'aménagement des bas fonds, Mares et plaines, doit constituer une priorité dans toutes les régions.

La culture du coton doit être poursuivie et améliorée.

J'insiste encore sur la nécessité d'ouvrir le capital aux producteurs de coton, quelle que soit l'option prise dans le cadre de la restructuration de la filière.

C'est le moment de las organiser et de les appuyer pour permettre de pouvoir occuper leur place. Je vous invite à faire des propositions concrètes dans ce sens.

J'exhorte le Gouvernement à accompagner les producteurs dans l'approvisionnement en intrant agricoles et équipements, et à trouver des solutions aux problèmes de fonds de garantie, car cet ecueil dépasse de loin, les capacités de nos producteurs.

J'encourage la mise en place d'un " Groupe de réflexion ", sous la présidence du Chef du Gouvernement, afin de régler ce problème.

La production de riz et des autres cultures vivrières, doit être intensifiée, avec une assistance accrue aux producteurs.

Les différents contrats entre l'Etat, les Offices et les Producteurs, doivent être évalués, relus au besoin avec l'ensemble des acteurs, afin de les adapter aux réalités du terrain, particulièrement à l'Office du Niger et l'Office Riz Mopti.

Mesdames, Messieurs,

En novembre 2003 et janvier 2004, nous avons procédé respectivement au lancement officiel de la campagne de vaccination des animaux et à celle de la pêche.

Depuis, des résultats satisfaisants sont enregistrés. Nous avons, toutefois l'obligation, notre retard dans ces deux domaines.

La constitution de réseaux d'épargne et de crédit pour ces filières, est une des solutions de financement de ces activités.

La valorisation des produits de l'élevage et de la pêche, exigent aussi une meilleur organisation des différents acteurs, une politique plus volontariste de l'Etat et un accompagnement plus soutenu de nos partenaires, toutes choses que le nouveau Ministère est appelé, urgemment, à susciter.

Les banques et autres institutions de financement, doivent davantage s'engager dans la promotion de l'agriculture, particulièrement l'agriculture périurbaine, dont l'intensification peut être économiquement rentable, et accroître durablement la production agricole.

En juillet 2003, nous avons lancé une vaste opération de reboisement qui a été relayée dans toutes les régions par les Gouverneurs. Elle a été marquée par des innovations qui méritent d'être poursuivies.

Nous ne gagnerons la bataille pour le développement que si nous arrivons rapidement, à arrêter l'avancée du désert, à désensabler le fleuve Niger et les différents cours d'eau et à limiter l'exploitation abusive des ressources forestières et fauniques.

Je lance un appel à toutes et à tous, pour la préservation de notre environnement.

Nous avons entendu les différentes recommandations et propositions visant à améliorer l'agriculture, l'élevage et la pêche, et à restaurer notre environnement.

Le Gouvernement, à travers les Ministres présents, a pris bonne note. Je veillerai personnellement à leur mise en œuvre de façon participative, avec vos représentants.

Avant de terminer, permettez-moi de féliciter encore une foi, l'ensemble de nos producteurs agricoles, avec une mention spéciale aux femmes et aux jeunes, pour les résultats appréciables atteints en 2003-2004 et de les exhorter, à dépasser ces records.

Prions pour qu'Allah le tout puissant nous gratifie encore, d'une bonne pluviométrie.

En vous souhaitant bon retour dans vos foyers respectifs, je déclare clos les travaux de la " deuxième journée du paysant ".

Je vous remercie de votre attention.