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Les
producteurs de la région de Mopti se réjouissent
de la tenue de la présente journée du paysan qui
constitue a n'en pas douter une espace privilège d'échanges
entre le monde rural et les plus hautes autorités de l'Etat. Cette journée qui est la troisième
après celles de Koutiala et Mopti se tient dans un contexte
socio-économique très difficile pour l'ensemble
des producteurs de la région consécutive au déficit
pluviométrique et à l'invasion acridienne qu'à
connu la campagne agricole 2004-2005. Les effets
cumulés de ces sinistres ont durement affecté 41
communes soit 38% de l'ensemble des communes de la région. Aussi voudrai - je au nom de tous les ressortissants
et ressortissantes de la Chambre Régionale d'Agriculture
adresser toutes nos félicitations et nos sincères
remerciement à votre Excellence Monsieur le Président
et au gouvernement de la République pour la promptitude
et le sérieux avec lesquels vous avez prévenu les
conséquences incalculables de ces catastrophes naturelles. Zone à vocation essentiellement agro-sylvo-pastorale
et piscicole, la région couvre une superficie de 79 017
Km2 pour une population estimée à 1 500 000 habitants
repartis entre deux zones distinctes : Une zone
inondée couvrant les cercles de Mopti, Djénné,
Ténenkou et Youwarou et une exondée comprenant
les cercles de Bandiagara, Douentza, Koro et Bankass. Notre
communication portera sur deux points essentiels :
-les potentialités et les contraintes de la région
dans les domaines de l'agriculture, de l'élevage et de
la pêche et de l'environnement, -la vision
et les attentes des producteurs de la région. La
région de Mopti est riche en potentialités naturelles
entre autres : -les ressources en terres : estimées
à 1 500 000 hectares cultivables soit 19% du total national
dont 910 000 hectares irrigables,
-les ressources hydrauliques : présence de fleuves importants
le Niger (avec son affluent le Bani et son défluent le
Diaka) et le Sourou, des Yamés, des mares et des lacs
(Walado-debo, Korientzé, Aougoundou et Niangaye),
-les ressources pastorales : la région de Mopti occupe
la première place au Mali en matière d'élevage
avec 1 635 090 bovins, 2 205 000 caprins, 1 653 750 ovins, 132
600 asins, 125 930 équins, 5 250 camelins, 9 630 porcins
et 4 025 000 sujets de volaille. Elle abrite d'importantes zones
de pâturages reparties entre le Delta, le Gourma et le
Séno, -les ressources forestières
et fauniques : 4,5 millions d'hectares de formations forestières,
20 000 000 m3 de bois mort, un domaine forestier de 1 185 090
hectares sont 7 946 hectares de forêts classées
; une réserve de 400 éléphants dans le Gourma,
350 espèces d'oiseaux dans le Delta intérieur du
Niger,
-les ressources halieutiques : Avec une production piscicole
de près de 100 000 tonnes en années normales, la
région se classe en tête des zones de pêche
au Mali, La valorisation de ces potentialités
se trouve confrontée à un certain nombre de contraintes
: -l'insuffisance de l'irrégularité
des pluies et la faiblesse de la crue, -le sous
équipement des producteurs, -l'invasion
acridienne de la campagne 2004-2005, -le surpâturage,
l'érosion hydrique et éolienne, l'exploitation
extensive des sols, -la dégradation des
berges des cours d'eau, -l'ensablement et l'envasement
du fleuve Niger et ses affluents, -la gestion
non concertée des ressources naturelles,
-la faiblesse des revenus des producteurs, -les
difficultés d'accès au crédit, -l'inexistence
d'unités agro-industrielles de transformation et de conservation
des produits agricoles, d'élevage, piscicoles et forestiers, -la mauvaise organisation et la faiblesse des capacités
de gestion des organisations socioprofessionnelles de producteurs
agricoles chargés de l'animation des filières, -l'insuffisance des aménagements hydro-agricoles, -le faible accès aux services sociaux de base
(éducation santé), -la présence
des déprédateurs (oiseaux granivores, sauteriaux
etc.) La vision des producteurs de la région
de Mopti est celle d'une région ou l'insécurité
alimentaire ne sera plus qu'un triste souvenir, une région
débarrassée des conflits majeurs relatifs à
la gestion des ressources naturelles économiquement forte,
une région ou il fera bon vivre. Cette
vision devra se concrétiser par une augmentation de la
productivité et des productions agricoles permettant d'assurer
l'autosuffisance alimentaire grâce à : -une
exploitation optimale des ressources hydrauliques à travers
les aménagements hydro-agricoles (plaines, PIV, barrages,
surcreusement de mares), -la mise en place d'un
mécanisme opérationnel d'approvisionnement en intrants
et matériels agricoles, -un système de crédit
approprié par le biais des institutions bancaires (BNDA)
et des systèmes financiers décentralisés, -une meilleure organisation et une meilleure exploitation
rentables des principales filières (bétail, viande,
lait , céréales, fruits et légumes, poisson)
en vue de générer des ressources monétaires
pour le développement économique de la région,
-Une gestion rationnelle et consensuelle des ressources naturelles
(terres, eaux, forêts). Les attentes par
rapport à cette prospective se résument comme suit
: a)A court terme : -la
subvention continue de l'aliment bétail et les intrants
ainsique l'augmentation du quota de l'aliment bétail pour
la région, -la délimitation et la
matérialisation des espaces pastoraux (pistes harimas,
gîtes d'étape), l'aménagement des puits pastoraux
et la construction des parcs de vaccination, -la
bonne gestion de l'appui en semences de cultures sèches,
de riz et la dotation en semences d'espèces forestières
et animales pour la campagne 2005-2006, -le gel
des crédits des pêcheurs vis à vis de la
BNDA, -la lutte à mis temps contre les
déprédateurs (oiseaux granivores, sauteriaux), -la poursuite de l'éducation et la sensibilisation
dans la lutte contre les MST et le VIH/SIDA, -le
renforcement des banques de céréales, -le
développement de la micro finance. b)A
moyen terme : -l'aménagement
des plaines rizicoles avec maîtrise totale de l'eau, construction
de barrages, aménagement de mares, -équipement
des marchés à bétail en rame d'embarcation, -la mise en place d'un mécanisme d'approvisionnement
en intrants et équipement à moindre coût, -la réduction du taux d'intérêt
du crédit agricole, -la création
d'unités de transformation des produits agricoles (maraîchage,
lait poisson), -le renforcement des capacités
des organisations socioprofessionnelles agricoles, -la
promotion des filières porteuses (bétail - viande
- lait - poisson - riz - sésame), -l'élaboration
des schémas d'aménagement des villes et villages
en vue de dégager des zones de reboisements publics et
privés, -l'aménagement d'étangs
piscicoles, -l'équipement des pêcheurs
en engins de pêche -la diffusion et la traduction
en langues nationales des différents textes législatifs
et réglementaires (pêche, forestier, charte domaniale
et foncier). c)A long terme : - la réalisation d'une fabrique d'engins de
pêche, - le désenclavement du cercle
de Ténenkou et les zone de Soye et Kouakourou par acquisition
de bac, - l'aménagement des pistes agricoles, - le dragage du fleuve Niger et son affluent le Bani
et la fixation des berges, - la protection et
la régénération des forêts dégradées. CONCLUSION : La région
a prit acte du processus d'élaboration de la loi d'orientation
agricole dont l'atelier pilote de démarrage a eu lei à
Djenné les 11, 12 et 13 juin 2005. Elle soutient le Président
de la République du Mali pour sa vision future de la politique
agricole. Je vous remercie. Kita,
le 25 Juin 2005
Le Président
Tidiani
BOCOUM |