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Au Mali, le coton est une culture traditionnelle
pour l'ensemble du pays, particulièrement les régions
du sud qui le produisaient en raison de 100 à 200 kg à
l'hectare pour la consommation familiale. C'est effectivement
à partir de la fin de la première guerre mondiale
qu'elle a été une culture industrielle.
Evolution institutionnelle du secteur coton
Cinq grandes périodes peuvent être
retenues dans l'histoire du secteur coton au Mali - II s'agit
de :
- de 1919 à 1960 la période
coloniale ;
- de 1960 à 1974 la convention entre le Mali et la CFDT
- de 1975 à 1991 la création de la CMDT jusqu'à
l' instauration de la démocratie pluraliste
- de 1991 à 1999 la gestion de la filière par la
CMDT et le Syndicat des producteurs de coton et vivriers
- de 2000 à nos jours la reforme du secteur pour la redynamisation
de la filière.
1. la période allant de 1919 à
1960 marquée par le début de la production
industrielle avec la création de la ferme cotonnière
de Baraouéli en 1912 pour des tests de techniques culturales
puis la mise en place des unités d'égrenage à
Koutiala, San, Sikasso, Kadiolo, Bougouni et Ségou en
1936 et la création à Sikasso du premier secteur
CFDT en 1951 deux années après la création
de la Compagnie Française de Développement des
textiles (CFDT).
2. De 1960 à 1974 caractérisé
par :
- de 1960 à 1964 l'encadrement du coton
par les services de l'Agriculture du jeune Etat avec une production
qui a varié entre 5895 tonnes en 1961 - 62 et 15763 tonnes
en 1963 - 64 ;
- en 1964 le Gouvernement signe une convention pour dix ans avec
la CFDT pour la promotion de la filière. La production
atteindra 67510 tonnes en 1971 - 72 avec un rendement de 873
kg/ha. Le prix au producteur passera de 17 FM/kg en 1960- 1970
à 22,5FM de 1970 à 1972 puis à 25 FM le
kg de 1972 à 1974.
L' OHVN commencera à faire faire du coton à partir
de 1970.
3. De 1975 - 1991avec la création le 5 février
1975 de la Compagnie Malienne de Développement des Textiles
(CMDT) une société mixte au capital de 200 millions
de francs maliens dont 60% appartiennent à l'Etat malien
et 40% de l'Etat français à travers la CFDT.
Le modèle association villageoise (AV) est vulgarisé
dans toute la zone d'intervention et la production passe de 60.000
tonnes en 1974 - 75 à 264.142 tonnes en 1990 -91 avec
des rendements respectifs de 883 et 1.328 kg à l'hectare
et le prix au producteur de 37,5FM à 85 FM le kg.
- La filière enregistrera cependant deux crises dont l'
une en 1981 - 82 et la seconde en 1990 - 91 .
4. De 1991 à 1998 ; à
la faveur de la démocratisation du pays, les producteurs
ont créé un syndicat de producteurs et exigent
la revalorisation du coton. Une production de 500.000 tonnes
sera obtenue en 1997 - 98 et des ristournes de 8 à 40F
seront versées tous les ans sur des prix aux producteurs
de 125 à 145 F le kg.
La troisième crise survint en 1998-1999 et sera prolongée
et accentuée en 2000 à cause du prix au producteur
de 150 F le kg y compris la ristourne.
5. De 2000 à nos jours le Mali
procède à la réforme du secteur coton suite
au boycott de la culture de coton et à la tenue des Etats
Généraux du secteur coton.
Les crises de la filière coton :
La filière coton et la CMDT ont connu
trois grandes crises. Il s'agit de :
La crise de 1981 - 82
:dont l' origine est la mauvaise conduite des opérations
de collecte, de pesée et de classement du coton par les
équipes d'achat constituées par les agents de la
CMDT et des travailleurs saisonniers. Les associations villageoises
ont dénoncé les mauvaises pratiques de ces agents
et ont refusé de vendre leur coton. Après enquêtes,
le département de tutelle a demandé à la
CMDT d'intensifier l'alphabétisation et de confier les
activités de collecte et de classement du coton aux associations. |