INSTITUT D'ECONOMIE RURALE
FICHE TECHNIQUE DEFENS. M02

Menu Principal

Retour
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 Comment lutter contre le Striga hermonthica?

1. Introduction
Le problème du striga comme adventice est spécifique en ce sens qu'il constitue une contrainte majeure à la production du mil même dans un champ propre selon le degré de pauvreté et d'utilisation des parcelles et aussi compte tenu de son degré d'association avec le culture hôte. Les pertes de rendement dues au striga hermonthica sont estimées entre 1 et 80% selon de degré d'infestation des parcelles. Plusieurs techniques de lutte ont été testée au niveau des stations de Sotuba et de Cinzana en l'occurence: me criblage des variétés pour la recherche de source de résistance, l'utilisation de différentes méthodes de préparation du sol, l'influence du système de culture, du génotype et du type de fertilisation sur le degré d'infestation du striga, l'infuence du repiquage, de la température et de l'humidité du sol et l'utilisation de certains composés chimiques.

Les études sur le criblage de variétés et d'éctypes du mil au striga hernonthica ont abouti à la sélection d'écotype de mil en fonction de leur sensibilité au striga. Le rendement grain du mil constitue inconstestablement le facteur le plus important à court terme. Cependant la dynamique de la population du striga est un paramètre important à prendre en compte pour la continuité de l'exploitation des parcelles à moyen et long termes. En effet, c'est de cette dynamique que dépendra l'utilisation future des parcelles. Cette réalité est encore mal perçue par beaucoup de paysans.

2. Objectif
Utiliser des méthodes de lutte efficaces et peu onéreuses contre le striga hermonthica

3. Techniques de lutte
3.1 Lutte variétale
Les varitétés de mil peuvent être classées en fonction de leur degré de tolérance ou résistance au striga hermonthica. Pour le moment, il n'existe pas de variété résistante.
Variétés tolérante: Toroniou C1, Guéfoué 16

3.2 Lutte culturale
Les études sur l'influence de l'amendement calicique, du travail du sol et de la fertilisation sur Striga hermonthica ont permis de tirer les conclusions suivantes:
* Travaril du sol
:
Le type de travail du sol a une influence directe sur la prolifération du striga dans les parcelles. Le travail du sol favorise le développement du striga pour la simple raison qu'il favorise le developpement des plants. les substances secrétées par les racines déclenchent la germination des graines de striga dans le sol. Un bon travail du sol combiné à une bonnes fertilisation permet de réduire l'insidence du striga sur le rendement des cultures.

* Fertilisation
L'utilisation du fumier (2,5T/ha) provoque l'émergence d'un grand nombre de striga par rapport à l'utilisation de la fumure minérale seule et à la non application de fumunre. Il est à noter cependant que le rendement grain du mil est plus important avec 2,5 tonnes de fumier de ferme par rapport à la non utilisation de la fumure. Le fumier de ferme provoque un développement plus important du mil qui favorise à son tour un bon développement racinaire des plants.
Un bon développement racinaire de la plante hôte entraîne une plus grande production de stimilant et favorise l'émergence du striga. L'utilisation de la fumure organique tout en réduisant l'incidence du striga sur le rendement des cultures peut accroître la dynamique de la population du parasite si elle n'est pas bien gérée dans un cadre d'association ou de succession culturales approprié.

* Date de semis
La température du sol influence la germination des graines de striga dans le sol. Sur parcelle infestée de striga, les semis précoces sont à éviter. Ils favorisent en effet une plus longue interaction entre la plante hôte et le parasite.

* Mode de semis
Les semences de striga sont dispersées dans les 5 à 10 cm de profondeur du sol. Le semis direct occasionne deux fois plus d'infestation par le striga que le repiquage à 20, 30 et 40 jours. Le repiquage se fait à une profondeur plus grande que celle de semis entraînant moins d'interaction avec les graines de striga dans le sol. En plus, repiquage intervient relativement tard dans la saison par rapport au semis. A cette période, la température du sol est assez basse et ne favorise pas la germination des graines de striga.

* Système de culture
Les études relatives aux systèmes de culture X génotype X types de fertilisation, au repiquage du mil ainsi qu'à la température et de l'humidité du sol sur le sytriga ont permis de tirer les conclusions suivantes:
- L'infestation du mil par le striga est fonction des conditions du sol (stock de semences disponible, humidité, température etc...) et du génotype de mil utilisé.
- l'infestation du strigat a été moins importante en association qu'en culture pure.

* Utilisation de faux hôtes
Une technique simple et efficace de germination suicidaire du striga a permis d'identofier des faux hôtes pour leur capacité de forcer la germination du parasite. La germination suicidaire est une caractéristique variétale de même que la fixation d'azote atmosphérique. Les variétés de niébé Sangaraka et d'arachide JL24 causent la germination suicidaire du striga. L'utilisation de ces légumineuses en rotation avec les céréales (mil, sorgho, maïs) permet de réduire considérablement l'infestation des parcelles et l'incidence du striga sur le rendement des cultures.

3.3 Lutte chimique
Les herbicides comme le Goal et le Proagard combinés à l'arrachage manuel ou au 2-4D ont été utilisés sur le mil pour lutter contre le striga à Cinzana. Malgré l'efficacité des différents produits testés, l'inadéquation entre le prix de ces herbicides et celui du mil reste le principal facteur limitant de leur utilisation et de leur diffusion à grande échelle dans les zones de production des céréales de culture sèche.

3.4 Lutte biologique
Utilisation d'un agent de lutte biologique: isolat M12-4A de F.oxysporum
L'isolat M12-4A de F. oxysporum cultivé sur du compost a permi de supprimer la croissance du striga de plus de 75% avec une augmentation du rendement du rendement grain de plus de 60%. Des informations contradictoires existent sur les possibilités de risque cancérigènes liés à l'utilisation de ces résultats, les travaux de recherche sur le champignon sont actuellement suspendus à la SRC.

3.5 Gestion intégrée du striga
Pour un contrôle efficace du striga, la recherche recommande une intégration de deux à plusieurs techniques de lutte. Par exemple, l'utilisation d'une varéité tolérente au striga peut être combinée à lutte agronomique (désherbage) ou chimique (utilisation d'herbicide) pour mieux contrôler le striga

Auteurs
Samba TRAORE, Bourama DEMBELE, Sériba O. KATILE, B.S. COULIBALY, Cheickna DIARRA, Siaka DEMBELE, Amadou TEMBELY