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 DECLARATION DE BAMAKO SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE COTONNIERE EN AFRIQUE DE L'OUEST ET DU CENTRE
 
 
 

ORIENTATIONS STRATEGIQUES

Les orientations stratégiques du secteur découlent de l'analyse diagnostique de l'évolution du secteur développement rural et du bilan de la mise en œuvre du SDDR depuis 1992. Elles sont issues d'un consensus entre tous les acteurs aux différents niveaux (Etat, Collectivités Territoriales, Producteurs/OPA/APCAM, Société Civile, Partenaires au développement). Elles se présentent comme ci-après:

augmenter et diversifier la production agricole en vue d'améliorer les revenus et les conditions de vie en milieu rural ;
participer aux programmes d'intégration économique du Mali au niveau régional et mondial notamment par une forte contribution à la mise en œuvre du NEPAD;
améliorer l'environnement institutionnel et juridique du secteur ;
renforcer les capacités d'intervention de l'ensemble des acteurs du secteur ;
appuyer la planification régionale et locale en vue de promouvoir un développement durable du secteur ;
promouvoir la gestion rationnelle des ressources naturelles en vue d'un développement durable ;
développer les infrastructures et équipements de base ;
promouvoir le rôle des femmes et des jeunes ruraux, mettre en place et soutenir les mécanismes de solidarité en milieu rural.
Ces orientations stratégiques constituent les fondements des domaines d'intervention et des programmes de développement du secteur, à savoir:

Augmenter et diversifier la production agro-sylvo-pastorale en vue d'améliorer les revenus et conditions de vie en milieu rural

L'analyse de l'évolution du secteur a montré que la production agricole, en dehors des systèmes irrigués de l'Office du Niger, reste largement tributaire des aléas climatiques et des systèmes de production agro-pastoraux, pour la plupart extensifs. En effet, si globalement l'autosuffisance en céréales est atteinte en année de bonne pluviométrie, la production agricole provient à plus de 75 % de l'agriculture pluviale (mil/sorgho, maïs, riz,…).

Par ailleurs, certaines régions sont en situation de déficit chronique et avec une production très variable d'une année à l'autre. En dehors des zones de l'ON et de la CMDT (où les revenus ont augmenté sensiblement, mais où les producteurs sont fortement endettés), les revenus et conditions de vie des populations rurales restent très précaires.

L'objectif du MAEP est donc de favoriser l'intensification et la diversification des productions agricoles en fonction des conditions agro-écologiques, en vue de concourir à l'objectif de sécurité alimentaire et d'améliorer les conditions de vie et les revenus des populations rurales. Cette orientation implique entre autres de:
favoriser l'accès aux facteurs de production et au crédit rural notamment la gestion des arriérés au niveau des banques;
diffuser des techniques de production adaptées aux conditions agro-écologiques et permettant de concilier intensification et gestion des ressources naturelles ;
valoriser le potentiel hydro-agricole par l'accélération des aménagements ;
favoriser le désenclavement du pays et l'organisation des filières (collecte, stockage, conditionnement/transformation et commercialisation des produits agricoles) ;
créer les conditions pour une professionnalisation des producteurs;
élever le niveau d'équipement.

Participer au programme d'intégration économique du Mali au niveau régional, africain (NEPAD) et mondial
L'accélération du processus d'intégration régionale en Afrique de l'Ouest, à travers l'UEMOA et la CEDEAO, implique pour l'ensemble des pays membres de ces deux Organisations sous-régionales, de rechercher une meilleure compétitivité et d'exploiter tous les avantages comparatifs dans le secteur agricole. Pour le Mali, cette ouverture à un marché potentiel de 220 millions de personnes, constitue une bonne opportunité de valoriser son important potentiel agricole (compétitivité des produits agricoles comme le riz, le bétail-viande, les produits maraîchers; diversité des zones agro-écologiques; potentiel en terres irrigables et maîtrise des aménagements hydro-agricole). Une mise en œuvre pertinente des accords de l'OMC permettra de consolider cette opportunité. Dans ce cadre, il s'agira entre autres de:
appuyer le développement des filières porteuses et la diversification des produits d'exportation, à travers des mesures institutionnelles et juridiques adéquates ;
améliorer la connaissance des marchés nationaux et extérieurs par la prospection et la recherche de créneaux nouveaux tout en favorisant la diffusion des informations sur ces marchés ;
renforcer le contrôle de la qualité ;
favoriser le développement des industries de conditionnement/transformation des produits exportés pour plus de valeurs ajoutées ;
créer les conditions pour l'émergence d'entrepreneurs dynamiques ;
développer le partenariat et la coopération avec les pays de la sous-région ;
améliorer les cadres législatif et fiscal et adapter le Code des Investissements et celui du Commerce aux nouvelles directives et accords de l'UEMOA, de la CEDEAO et de l'OMC ;
participer activement à toutes les concertations et négociations pour une harmonisation progressive des politiques de développement agricole.
Par rapport à la mise en œuvre du NEPAD, les ambitions nationales prévoient de contribuer fortement:
à l'augmentation de l'exportation des produits agricoles variés en particulier celle du coton;
à la réduction de l'importation du riz de 50%;
au développement du partenariat et de la coopération avec les investisseurs des pays africains.

Améliorer l'environnement juridique et institutionnel du secteur

D'importantes réformes ont été entreprises ces dernières années aux plans institutionnel, législatif et réglementaire. L'analyse de la mise en œuvre du SDDR a cependant montré un certain nombre d'insuffisances, notamment en matière de législation foncière (dont la révision en cours comporte des enjeux très importants), de concertation/coordination entre les différents services et les autres intervenants, d'opérationalisation de la réforme institutionnelle du secteur, etc.
Pour améliorer cette situation, il s'agira entre autres de:
poursuivre le recentrage des rôles de l'Etat autour des missions classiques d'un Etat démocratique et opérationaliser la restructuration et la déconcentration du MAEP;
soutenir la mise en œuvre du PRODEJ et tenir informés les services judiciaires et administratifs sur les besoins du secteur agricole et en particulier ceux des OPA ;
appuyer les organisations des producteurs dans le traitement des dossiers au niveau de la justice ;
poursuivre la relecture/l'élaboration et la mise en oeuvre des codes foncier et domanial, et de pêche, de la charte pastorale et de leurs textes d'application ;
favoriser la mise en place de cadre de concertation/coordination entre les différents services et les intervenants aux différents niveaux (national, régional et local).

Renforcer les capacités d'intervention de l'ensemble des acteurs du secteur
Le développement du secteur repose sur la participation et la responsabilisation de tous les acteurs aux différents niveaux (collectivités territoriales, producteurs/ OPA/APCAM, secteur privé, services techniques, ONG et autres partenaires). Or, l'analyse a montré que les capacités d'intervention plus particulièrement des organisations de producteurs et du secteur privé sont le plus souvent limitées du point de vue organisationnel, de la formation, des moyens techniques et financiers. Ces insuffisances freinent à leur tour le processus de transfert des compétences en cours.
Par ailleurs, le recentrage des missions de l'Etat nécessite également le renforcement des capacités des agents en matière d'appui-conseil, de contrôle, de suivi/évaluation et de coordination des activités de développement du secteur aux différents niveaux (national, régional et local).

Pour renforcer les capacités de l'ensemble des acteurs du secteur, il s'agira plus particulièrement de:
renforcer le rôle des chambres d'agriculture auprès des organisations membres, à travers la formation et l'adéquation des moyens matériels et financiers ;
appuyer la fédération et la professionnalisation des organisations de producteurs aux différents niveaux local, régional et national, mise en place de faîtières d'Organisations Paysannes en vue de développer leurs capacités d'intervention et de négociation ;
développer le crédit rural et renforcer les systèmes financiers décentralisés ;
promouvoir et renforcer les capacités des opérateurs privés et l'entreprenariat agricole, à travers leur organisation, l'information, la formation, les mesures incitatives et un appui financier adéquat ;
renforcer les capacités et adapter les structures techniques d'appui du MAEP à leurs nouveaux rôles, à travers la formation, la communication et l'information, et les doter en moyens financiers et matériels ;
doter les structures chargées de la coordination et du suivi/évaluation de capacités humaines, matérielles et financières nécessaires à leurs missions;
renforcer les capacités de planification des organisations paysannes.

Promouvoir la gestion rationnelle des ressources naturelles en vue d'un développement durable
En dépit des importants efforts consentis et des nombreux programmes et projets mis en œuvre depuis plusieurs décennies, le processus de dégradation des ressources naturelles et de désertification qui n'a pu être ni inversé, ni même freiné. Or, les ressources naturelles (eaux, sols, couvert végétal) constituent la base productive pour l'ensemble du secteur du développement rural, qui doit faire face aux aléas climatiques et à l'augmentation constante des divers besoins (alimentaires et en eau pour les hommes et les animaux, en pâturages, en bois de chauffe et de service, etc.).
La restauration/conservation des ressources naturelles, et plus particulièrement de la fertilité des sols et du potentiel agro-sylvo-pastoral, constitue une condition indispensable à l'intensification de la production et au développement durable du secteur. Celle-ci a été confirmée par le PNAE/PAN-CID, qui a identifié parmi les 9 programmes prioritaires, un programme de gestion des ressources naturelles.
La prise en compte de cette préoccupation essentielle pour le développement durable du secteur nécessitera entre autres de:
prendre en compte de la gestion des ressources naturelles dans tous les programmes et actions visant le développement de la production agro-sylvo-pastorale et halieutique ;
renforcer les capacités techniques et financières des collectivités territoriales, des communautés de base, des producteurs et des OPA pour la prise en charge des actions de restauration et conservation des ressources naturelles ;
capitaliser et diffuser les résultats de la recherche dans le domaine et les acquis des diverses expériences en matière de gestion participative des ressources naturelles ;
appliquer la charte pastorale en tenant compte de la décentralisation et des terroirs villageois ;
favoriser le développement d'outils d'études et de gestion des ressources naturelles adéquats aux échelles communale et de terroir.

Appuyer la capacité de planification régionale et locale en vue de promouvoir un développement durable du Secteur Rural
Avec l'opérationalisation de la décentralisation et la mise en place des Collectivités territoriales autonomes, la planification décentralisée aux niveaux régional et local est devenue indispensable. Or, les capacités régionales et locales en matière de planification sont très limitées (faiblesse des ressources humaines, matérielles et financières, jeunesse des institutions, etc.).
Plusieurs outils sont disponibles. Il s'agit entre autres de :
l'Esquisse du Schéma d'Aménagement du Territoire (ESAT, 1995), des Avant-projets de Schéma régionaux d'aménagement et de développement (AP-SRAD, 1997) qui, après finalisation, conféreront à la planification une dimension territoriale ;
et les résultats des diverses expériences menées sur une base participative en matière de gestion des ressources naturelles (GRN), de gestion de terroirs villageois (GTV) et de développement local qui, après capitalisation, permettront de promouvoir la planification locale.
Par ailleurs, une des missions confiées à la Cellule de Planification et de Statistique (CPS) du secteur rural, structure chargée de la planification du secteur, est d'apporter un appui à la planification décentralisée du secteur, à travers les structures de relais que sont les bureaux statistiques et de suivi-évaluation et les bureaux documentation, information et communication, créées au sein des trois directions Centrales du MAEP et leurs structures déconcentrées. A ce niveau, il s'agit aussi de la valorisation de l'outil "Système d'Analyse et de Développement des Capacités Institutionnelles (SADCI)".
Pour faire face aux défis de la décentralisation et de la planification décentralisée du secteur, il s'agira entre autres de:
capitaliser et valoriser les résultats des expériences d'aménagement et de gestion de terroirs villageois et de gestion des ressources naturelles;
définir les articulations entre l'aménagement au niveau du village et les collectivités territoriales (communes, cercles, régions) ;
mettre en place les mécanismes d'appui aux collectivités territoriales et renforcer les capacités régionales et locales de planification décentralisée, notamment pour le secteur du développement rural ;

Développer les infrastructures et équipements de base
Le développement du secteur est confronté à des contraintes majeures liées au financement, à l'enclavement des zones de production (très faible niveau de couverture du réseau routier et pistes rurales), à l'insuffisance de l'équipement individuel (nombre, qualité, coûts), à la faiblesse des infrastructures et équipements de base (magasins de stockage, installations frigorifiques, conditionnement et transformation,…etc.), au coût élevé de l'énergie électrique et du parc automobile pour le transport. A ces facteurs, on peut ajouter l'insuffisance et la mauvaise gestion des marchés et leur localisation souvent inadéquate (cas de Bamako, où tous les marchés de gros sont concentrés au centre de la ville).
Par ailleurs, les aménagements hydro-agricoles et le rythme de leur réalisation sont largement insuffisants par rapport à l'important potentiel de terres aménageables (plus de 2 millions ha), notamment au niveau du Delta du Niger et des bas-fonds au Sud et Sud-Ouest du pays.
Pour remédier à cette situation, le MAEP a élaboré un Programme National d'Infrastructures Rurales (PNIR), dont le financement est acquis et dont la mise en œuvre a démarré en 2001. Ce programme vise à lever progressivement les diverses contraintes et comporte 4 grands volets: Irrigation, Hydraulique villageoise et Assainissement, Pistes rurales et Environnement. En plus de la mise en œuvre de cet important programme, il s'agira également de:
accélérer la réalisation des grands projets d'infrastructure de base et le désenclavement des régions ;
développer les synergies avec les autres départements ministériels (télécommunications, transport, énergie,…)
élaborer une stratégie d'équipement du monde rural.

Promouvoir le rôle des femmes et des jeunes ruraux et soutenir les mécanismes de solidarité en milieu rural
Les nombreuses analyses ont montré que, si les femmes et les jeunes ruraux constituent la majeure partie de la population et la plus productive, ils sont confrontés à de nombreuses contraintes, notamment dans les domaines de la santé (couverture sanitaire insuffisante, fécondité élevée, forte prévalence du paludisme, risque important de IST/SIDA,…), de la formation et de l'alphabétisation, de l'accès aux ressources et facteurs de production (foncier, intrants, crédit,…).De plus, les femmes et les jeunes ruraux souffrent d'une insuffisance de prise en compte de l'approche genre et de leurs besoins dans les programmes de développement.
Par ailleurs, on observe de plus en plus l'affaiblissement des valeurs et des structures sociales traditionnelles, basées sur l'entraide et la solidarité au sein des communautés villageoises. Cette situation nouvelle est favorisée par l'exode rural, le sous-emploi et la pauvreté croissante tant en milieu urbain que rural.
Pour promouvoir le rôle des femmes et des jeunes et renforcer la solidarité en milieu rural, il s'agira notamment de:
adopter l'approche genre dans l'élaboration, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des programmes et projets de développement rural;
renforcer les capacités d'intervention des femmes et des jeunes ruraux, à travers notamment la formation, l'alphabétisation fonctionnelle et l'accès aux ressources et aux facteurs de production ;
développer des activités génératrices de revenus en milieu rural, y compris dans le cadre de la conservation et de la transformation des produits agricoles;
renforcer les mécanismes de solidarité traditionnelle envers les groupes sociaux défavorisés et vulnérables ;
développer des synergies avec les autres programmes de développement sectoriel (santé, éducation, planning familial, …) aux niveaux national, régional et local, notamment en matière de lutte contre le paludisme, la pandémie du VIH/SIDA et les IST.

Promouvoir l'emploi en milieu Rural
Les orientations stratégiques concernent les aspects suivants:
lutter contre l'exode et le sous-emploi par l'amélioration les revenus en milieu rural ;
appuyer l'installation des jeunes diplômés dans les domaines de la production, de la commercialisation, de la transformation, du conseil rural et des services.
renforcer les capacités des acteurs notamment les femmes et les jeunes;
développer les infrastructures de base qui sont grandes créatrices d'emplois;
faciliter l'accès aux ressources (foncières, financières) et aux facteurs de production;
améliorer l'environnement institutionnel, juridique, économique, social et culturel;
renforcer les secteurs privés et informels;
renforcer le suivi-évaluation des politiques et programmes en faveur de l'emploi. secteurs privés;

Renforcement de la communication dans le secteur rural
Conscient du rôle et de la place que la communication pour le développement peut jouer dans la situation du pays, le Gouvernement a élaboré en 1993 une Politique Nationale de Communication pour le Développement (PNCD) qui se fonde sur les principes de la démocratie et les grandes options du développement socio-économique du pays.
En dépit de l'existence d'une telle politique, le secteur développement rural ne dispose toujours pas d'une stratégie et d'un plan d'action en matière de communication, ce qui a amené les différents programmes et projets à développer des actions de communication dans leur domaine d'intervention
Ces actions sont restées dans la plupart du temps limitées, faute de soutien budgétaire conséquent. A cela s'ajoutent l'insuffisance et le manque de formation des cadres et agents à tous les niveaux en matière de communication pour le développement, la faiblesse du cadre institutionnel existant, la faible performance des centres de documentation. Par ailleurs, l'absence et/ou l'insuffisance des données exhaustives fiables, disponibles et accessibles à tous constitue un grand handicap pour la bonne information des acteurs du secteur.

Communiquer doit aujourd'hui devenir tout à la fois un geste quotidien, une attitude, un comportement. Le secteur rural doit en faire son credo. Il aborde en effet une phase cruciale de son évolution qui l'oblige à mieux communiquer en synergie avec d'autres partenaires en vue d'expliquer, de faire partager et accepter ses points de vue sur les activités le concernant.

La stratégie proposée a l'ambition d'être un instrument efficace pour gagner la bataille de la communication. Elle est à la fois globale et décentralisée. Elle se décline à travers un certain nombre d'axes visant à améliorer la communication interne et externe.
Développer la concertation et l'information des agents de structures et organismes
Développer la concertation et l'information en direction des partenaires
Doter les acteurs ruraux de capacités de communication
Professionnaliser les médias
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