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POLITIQUES, STRATEGIES ET PROGRAMMES D' AMÉNAGEMENT HYDROAGRICOLE 2003-2007

Contexte général

Le secteur du Développement Rural occupe près de 80 % de la population active et fournit les trois quarts des recettes d'exportation du pays. La part du secteur rural dans le PIB du pays est de 44,51%.

Le Mali compte de très vastes zones inondables et un potentiel irrigable estimé à près de 2,2 millions d'hectares. Bien que disposant de ce grand potentiel, le secteur agricole reste fortement tributaire des aléas climatiques.

En dépit des difficultés rencontrées dans le sous-secteur de l'irrigation, les cultures irriguées joue un rôle majeur dans la satisfaction des besoins alimentaires et la diversification de la production agricole. Le développement des cultures irriguées permet de mieux sécuriser les revenus des producteurs et d'améliorer l'exploitation des ressources dont dispose le pays. Pour les régions du nord notamment, l'irrigation constitue la seule perspective de mise en valeur des terres agricoles et de réduction du déficit alimentaire qui les affecte particulièrement.

Situation actuelle des aménagements hydroagricoles

L'irrigation en maîtrise totale de l'eau occupait en 1999 environ 80 000 ha de superficies brutes exploitées dont près de 80 % dans la zone de l'Office du Niger. Les rendements moyens obtenus sur les périmètres à maîtrise totale sont de l'ordre de 5 t/ha de paddy.

L'exécution du programme Gouvernemental ( 30 000 ha) 1997-2002 a permis une augmentation de superficie de 23000 ha et de porter la part de la maîtrise totale de l'eau à 103000 ha à la fin de 2002

Sur le nouveau programme 2003-2007, dont l'objectif de réaliser 50000 ha en maîtrise totale de l'eau, 7044,5 ha ont été réalisés en 2003.
Ceci qui porte à environ 110 000 ha la superficie totale aménagée en maîtrise totale
L'esquisse du Schéma directeur de l'Office du Niger à moyen terme prévoit que les ouvrages de base actuels pourraient irriguer une superficie aménagée de 105 000 ha en riz d'hivernage, limitée par le débit pouvant transiter par les différents systèmes hydrauliques qui est estimé à 200m3/s.
Toutefois, dans le cadre de l'étude du schéma directeur de développement de la zone de l'Office du Niger, l'option retenue qui fait actuellement l'objet de discussion avec les différents partenaires porte sur une prévision de 120 000 ha en 20 ans. Elle portera les superficies actuelles à 200 000ha à l'office du Niger en vue de satisfaire à terme la demande sous régionale. La réalisation de certains de ces aménagements pourraient être envisagés dans le cadre du NEPAD dont les projets prioritaires sont en cours d'élaboration
L'irrigation par submersion contrôlée est pratiquée dans les plaines annuellement submersibles des régions de Ségou (ORS, 35 415 ha), de Mopti, (ORM, 49 190 ha), et dans les mares de la région de Tombouctou et Gao. Les rendements varient en moyenne de 0,8 à 1,5 t/ha de riz paddy. Le type d'irrigation connaît des difficultés dues au déficit hydraulique et pluviométrique des dernières années. Les paysans restent cependant toujours attachés à cette technique en raison de ses charges de production moins élévées, la faible modification de la trame foncière qu'il engendre et de la taille relativement plus grande des parcelles. Il constitue par ailleurs une solution raisonnable à l'amélioration de la production agricole dans certaines zones défavorisées et à forte concentration de pauvres

L'irrigation par submersion contrôlée est pratiquée dans les plaines annuellement submersibles des régions de Ségou (ORS, 35 415 ha), de Mopti, (ORM, 49 190 ha), et dans les mares de la région de Tombouctou et Gao. Les rendements varient en moyenne de 0,8 à 1,5 t/ha de riz paddy. Le type d'irrigation connaît des difficultés dues au déficit hydraulique et pluviométrique des dernières années. Les paysans restent cependant toujours attachés à cette technique en raison de ses charges de production moins élévées, la faible modification de la trame foncière qu'il engendre et de la taille relativement plus grande des parcelles. Il constitue par ailleurs une solution raisonnable à l'amélioration de la production agricole dans certaines zones défavorisées et à forte concentration de pauvres

La culture de décrue occupe environ 60.000 ha. Elle est pratiquée dans les lacs et mares (Région de Kayes, Tombouctou et Gao.) . La submersion et la culture de décrue totalisent 65% des superficies aménagées.

L'irrigation traditionnelle sous forme d'aménagement de bas fonds, basée sur la culture du riz, représente environ 2% de la superficie totale aménagée. Ces bas-fonds sont localisés dans le sud du pays où la pluviométrie est suffisamment élevée, à savoir la zone d CMDT, la zone de la haute vallée du Niger (Koulikoro, Kati) et le sud de la région de Kayes (Kita ,Kéniéba et Bafoulabé). Ce type d'irrigation est relativement peu coûteux (généralement de l'ordre de 500 000 à 1 000 000 F CFA/ha) mais les rendements restent assez faibles..

En plus de ces quatre formes principales, de nouveaux types émergent, parmi lesquelles, les petits et micro-périmètres privés périurbains et l'irrigation oasienne. Les besoins d'aménagement de petits périmètres irrigués à partir d'eau de surface non pérenne sont appréciables.

Atouts et contrainte au développement des cultures irriguées

La disponibilité des ressources en eau constitue le déterminant du développement des cultures irriguées. Les consommations actuelles en eau du secteur de l'irrigation sont de l'ordre de 3,5 milliards de mètre cube (25 000 m3/ha) presque entièrement concentrées sur une période de sept mois (du 1er juin au 31 décembre), ce qui semble laisser une grande marge pour des extensions. La situation est cependant moins favorable qu'il n'y paraît.

Les contraintes et limitations liées à l'exploitation des ressources en eau sont de trois ordres :
(a) irrégularité du régime pluviométrique et hydrologique (baisse du débit des fleuves et rivières, assèchement rapide des lacs et mares, baisse de la recharge annuelle des nappes) ; la pluviométrie moyenne des 20 dernières années est inférieure de 15 à 20% à celle des années précédentes ;
(b) difficultés de localisation des aquifères par rapport aux sites d'utilisation (le taux d'échec atteint parfois 30%) et faibles débits unitaires (moins de 5 m3/h pour la plupart des forages),
(c) coût de l'exhaure ou des ouvrages de retenue d'eau de surface en moyenne très élevé ; exploitation coûteuse des eaux souterraines,
(d) manque de planification et de gestion intégrée des ressources en eau liée à l'absence de vision globale desdites ressources et de leurs usages.

Plusieurs régions du pays connaissent un déficit important d'eaux de surface. Les eaux de pluie, qu'elles aient ou non un écoulement rapide ne sont pas adéquatement valorisées à travers des ouvrages de retenue en nombre insuffisant. On estime à plus de 500 le nombre de petits barrages et d'aménagements de bas fonds. Ils sont construits sur des petits bassins versants de moins de 5.000 km2 et participent à l'irrigation pour plus de 5.000 ha.

Les eaux de surface non pérennes sont évaluées à 15 milliards de m3 en année de pluviométrie moyenne. Le taux de participation directe ou indirecte des petits cours d'eau à la recharge de la nappe est estimé à 98% pour les forages et 60% pour les puits modernes existants.

Les consommations en contre-saison, bien que faibles, surviennent à une période où les débits des fleuves et les niveaux dans les barrages de retenue sont faibles.

Parmi les opportunités intéressantes de développement des cultures irriguées au Mali, l'on peut souligner :

(a) l'existence d'un important potentiel de ressources en eau et en sols non encore exploité,
(b) la forte demande en aménagement, insatisfaite en particulier dans les régions du nord ;
(c) la priorité que le gouvernement accorde à la sécurisation de la production agricole par l'irrigation ;
(d) l'existence d'une pratique traditionnelle de cultures irriguées (maîtrise des techniques de production, notamment la riziculture par les exploitants des zones irriguées),
(e) l'engouement des producteurs (communautés rurales et secteur privé ) ;
(f) l'intérêt des bailleurs de fonds pour le développement du sous secteur ;
(g) la mise en route de la dynamique de décentralisation administrative autorisant des initiatives autonomes et une responsabilité plus grande au niveau local ;
(h) un marché local et régional très porteur pour plusieurs spéculations culturales, compte tenu de la libéralisation des prix et des coûts de production observés ;

La contrainte majeure au développement de l'irrigation est l'insuffisance de la ressource eau dans certaines zones du pays. Les solutions à proposer devront tenir compte de cette réalité. Parmi les autres contraintes l'on retient entre autres :
a) les difficultés de mobilisation des ressources financières ;
b) le coût élevé des aménagements ;
c) la mauvaise conception des ouvrages ;
d) le faible niveau d'équipement des paysans ;
e) l'absence d'harmonisation des interventions ;
f) l'insuffisante protection foncière ;
g) les impacts négatifs sur l'écosystème.

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