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Famille Acrididae Sous-famille
Cyrtacanthacridinae 
Noms communs : Criquet pèlerin
/ Desert Locust
Acridien de grande taille, le Criquet pèlerin est un
locuste redouté, très largement répandu
dans le monde. En période d'invasion les essaims peuvent
atteindre le sud de l'Europe, l'Afrique au nord de l'équateur
et la péninsule Arabique et Indo-Pakistanaise.
En période de rémission, les populations solitaires
se réfugient dans les zones grégarigènes
suivantes :
frontière indo-pakistanaise où les systèmes
de vents favorisent des concentrations importantes de populations
;
bords de la mer Rouge et du golfe d'Aden où le régime
des pluies peut fournir des conditions compatibles à la
reproduction tout au long de l'année ;
bordure de certains massifs montagneux où les phénomènes
d'écoulement favori- sent la création de sites
favorables (massifs du Sahara central et méridional, bordure
sud de l'Atlas, bordure ouest des montagnes de l'Oman, vallées
du Mekran au Pakistan et en Iran).
Le Criquet pèlerin, inoffensif pour les cultures dans
sa forme solitaire, peut être redoutable dans sa forme
grégaire à cause de sa voracité, de la mobilité
de ses populations, de l'immensité des zones concernées,
du nombre considérable d'individus constituant un essaim.
Le seuil densitaire au delà duquel s'effectue la transformation
phasaire est de 250 à 500 ailés/ha et de 0,5 à
5 larves/m2.
Les ailés solitaires se distinguent des grégaires
par une plus grande différence de taille entre mâle
et femelle. Leur couleur générale est brune, grise
ou beige, jamais verte. Seuls les mâles jaunissent faiblement
à la maturation sexuelle. Au contraire, les grégaires
sont d'abord roses quand ils sont immatures, puis franchement
jaunes au moment de la reproduction. Les larves solitaires sont
vertes ou brunes et se développent en 5 ou 6 stades tandis
que les grégaires, qui n'effectuent que 5 stades, sont
uniformément jaunes avec de très fortes maculatures
(taches) noires. Le Criquet pèlerin développe 2
à 3 générations par an avec un arrêt
de développement facultatif à l'état imaginal
pendant les périodes sèches ; les individus restent
immatures et la reproduction est suspendue parfois pendant plusieurs
mois. Une femelle pond 2 à 3 fois e d'oeufs si c'est une
grégaire. L'incubation dure une dizaine de jours à
2 mois selon la température et l'humidité du sol.
Globalement, une génération de Criquet pèlerin
solitaire ou grégaire dure de 2 à 6 mois.
Les solitaires se reproduisent dans une aire limitée en
zone désertique alors que les grégaires, à
cause de leurs exigences écologiques moins strictes, colonisent
des milieux moins xérotrophes sur des surfaces beaucoup
plus considérables.
Cette espèce se rencontre principalement dans des milieux
secs avec des pseudo-steppes à Panicum turgidum et Acacia
ehrenbergiana ou des formations éphémères
à Tribulus mollis et Shouwia thebaica. Les zones où
se réalise l'optimum pluviométrique du Criquet
pèlerin se situe entre 25 et 50 mm d'eau par mois. Pour
rejoindre les zones grégarigènes réactivées
par les pluies, les solitaires volent de nuit, par temps calme,
quand la température de l'air dépasse 25 C. Ils
peuvent alors être capturés aux lumières.
Inversement, les essaims volent de jour ce qui leur permet de
bénéficier des courants ascendants et franchir
des barrières orographiques, les amenant à coloniser
des stations distantes de milliers de kilomètres. Le schéma
des migrations saisonnières des grégaires est assez
bien connu. L'existence d'aires grégarigènes et
la succession de périodes d'invasion et de rémission
permet d'envisager, contre le Criquet pèlerin, une lutte
préventive dont le but est de prévenir tout départ
d'invasion, puisque l'on sait qu'une fois déclenchée
celle-ci est très difficile à arrêter, même
avec des opérations intensives de lutte curative avec
de surcroît pour l'environnement des risques considérables
des traitements acridicides compte tenu des surfaces concernées.
La stratégie de lutte préventive contre le Criquet
pèlerin comporte trois étapes essentielles :
la surveillance des conditions écologiques dans les aires
potentielles de reproduction et de grégarisation (données
météorologiques, imagerie satellitaire, déductions
des modèles bio-écologiques) ;
l'organisation de prospections, aériennes et terrestres,
dans les aires devenues potentiellement favorables à la
suite de précipitations abondantes ;
la lutte contre toutes les populations de Criquet pèlerin
dépassant un certain seuil, principalement dans les biotopes
réputés constituer des foyers grégarigènes.
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