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I. Evolution du cours des
matières premières des engrais de Septembre
2001 à Septembre 2005
Les difficultés de l'agriculture en
Afrique de l'Ouest et Centrale sont en partie, dues à
l'augmentation des coûts de production, notamment des engrais.
Cependant, les raisons profondes de cette augmentation très
significative des prix mondiaux des engrais sont peu connues.
Cette envolée des cours des matières
premières est due à trois principaux facteurs :
- l'arrivée sur le marché mondial de nouveaux et
grands consommateurs d'engrais tels que la Chine et le Brésil,
provoquant une forte tension sur la demande ;
- la hausse vertigineuse du cours du pétrole ; et
- la récente destruction partielle de l'outil de production
américain de matières azotées et phosphatées
en Louisiane et au Mississipi qui entraînera une baisse
significative de l'offre mondiale sur un marché où
la demande ne cesse d'augmenter.
Il est, par conséquent, très
probable que la tendance haussière se poursuive.
Pour une meilleure compréhension de
ce qui suit, il convient de rappeler que les engrais ternaires
(NPK) sont couramment fabriqués à base de matières
suivantes : urée granulée ; sulfate d'ammoniaque
(SA) ; phosphate d'ammoniaque (DAP) ; super phosphate simple
(SSP) ; super phosphate triple (TSP) ; chlorure de potasse (KCl)
et sulfate de potasse (SOP).
1.1. L'urée perlée:
Le prix de l'urée perlée a quasiment triplé
en 4 ans. L'urée perlée ne rentre pas dans la composition
des NPK, mais elle est utilisée en tant que urée
pure par les agriculteurs. En 4 ans son prix au niveau mondial
a quasiment quadruplé. Il est à noter cependant
que malgré cette hausse des cours, le prix à l'utilisateur
final n'a pas triplé dans la sous-région ; preuve
que la profession des fournisseurs d'intrants n'a pas répercuté
complètement ces hausses dans un premier temps.

1.2. L'urée granulée :
Cette forme d'urée rentre dans la composition des engrais
complexes (NPK). Il est donc ici évident que cette matière
première a une incidence directe sur la hausse des formules
ternaires. Ses prix ont connu la même évolution
que celle de l'urée perlée.
1.3. Le soufre :
Le soufre sert à la fabrication de l'acide sulfurique
qui, à son tour, servira lui-même à l'attaque
acide des phosphates naturels pour la fabrication du superphosphate
simple ou triple. Son prix a été multiplié
par cinq en 4 ans. D'où le renchérissement desdites
matières (TSP et SSP) qui rentrent dans la fabrication
des ternaires (NPK) mais aussi du DAP.
1.4. La potasse
:
La potasse est transformée en chlorure de potasse (KCl)
ou sulfate de potasse (SOP) qui sont des engrais pouvant être
utilisés tels quels ou dans la fabrication des ternaires
(NPK). Le prix de la potasse, pourtant réputé stable,
a presque doublé sur les 10 derniers mois ! Ceci est dû
à la très forte demande chinoise et brésilienne.
1.5. Le Phosphate d'ammoniaque (DAP)
:
Le DAP entre aussi dans la composition des ternaires (NPK). Il
est bien connu au Mali et est largement utilisé en riziculture.
Son prix a plus que doublé en 4 ans (cf. Graphique ci-dessous).

1.6. Le sulfate d'ammoniaque
Bien que jamais utilisé seul en Afrique
de l'Ouest et Centrale, le sulfate d'ammoniaque (SA) rentre très
souvent pour une part non négligeable dans la composition
des ternaires (NPK). Son cours a doublé en 4 ans.
II. Solutions envisageables
A principale solution envisagée pour
inverser la tendance haussière, semble être la professionnalisation
des achats des intrants afin de :
- mieux négocier avec les fournisseurs ;
- acheter aux moments où les cours sont les plus bas ;
- rechercher les économies possibles localement surtout
au niveau du transport en couplant le descente de la fibre de
coton dans les ports et la montée des engrais dans les
zones de livraison comme on le faisait il n'y a pas si longtemps
;
- adapter les modes de passation des marchés pour s'adapter
aux nouvelles conditions afin de minimiser le risque de corruption.
III. Conclusion
Les cours de l'urée ont triplé
en 4 ans, sur la même période le prix de la potasse
a également été multiplié par 4 et
les autres matières premières entrant dans la composition
des NPK ont quasiment doublé.
Cette tendance à la hausse s'inscrit
au moins dans le moyen terme.
Ce n'est donc que par une extrême rigueur dans le processus
d'achat des intrants ; par un professionnalisme sans faille dans
ce domaine et une remise en question des procédures habituelles
d'achats que nous pourrons minimiser l'impact de la conjoncture
actuelle.
C'est pour tenter d'inverser cette tendance
qu'il vient d'être initiée une série d'ateliers
(6)
de formation dans la zone cotonnière et dans la zone
office Niger à l'endroit des
responsables impliqués dans l'achat des intrants. La formation
sera assurée par le spécialiste de l'IFDC, financée
par le projet PASE (financement de l'AFD) sous la supervision
de l'APCAM.
Seydou TRAORE |