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 DECLARATION DE BAMAKO SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE COTONNIERE EN AFRIQUE DE L'OUEST ET DU CENTRE
 
 
 

 

 

Campagne agricole / Intrants

L'approvisionnement en intrants est une des fonctions les plus critiques de la production agricole. De sa qualité dépendent en grande partie les résultats d'une campagne agricole. Le marché des engrais chimiques au Mali représente un chiffre d'affaire annuel de plus de 44 milliards de FCFA pour un volume d'environ 200 000 tonnes d'engrais toutes natures confondues.

En effet aucune agriculture ne peut se développer sans recourir aux :

" engrais qui donnent aux plantes les éléments nutritifs dont elles ont besoin tout en améliorant ou maintenant la fertilité des sols ;
" pesticides qui permettent de contrôler les ennemis des cultures et des récoltes ;
" produits vétérinaires qui permettent de lutter contre les maladies des animaux…
Aussi, l'utilisation des intrants reste un passage obligé pour augmenter les rendements et d'une manière générale la productivité agricole tout en préservant les ressources naturelles.

Evolution de la politique de l'Etat en matière d'approvisionnement en intrants et de crédit agricole

De l'indépendance à nos jours trois grandes périodes ont marqué la politique de l'Etat en
matière d'approvisionnement en intrants :

De 1960 à 1968

Cette période correspond à celle de la première République. Elle est marquée par :

- la volonté des autorités d'assurer un développement agricole à travers un système d'organisation de la paysannerie en coopérative; La politique d'approvisionnement en intrants s'inspirait également de l'option socialiste du développement. L'accent était mis sur le mouvement coopératif pour l'accès aux intrants.
- la création de la Société de Crédit Agricole et d'Equipement Rural (SCAER) en lieu et place du Service de Crédit Agricole et d'Equipement rural. Cette société d'Etat devait assurer l'approvisionnement des producteurs en intrants suivant des modalités de crédit définies par l'État.
- La création d'organismes plus autonomes appelés " programmes " pour l'encadrement des producteurs en 1964 (programmes mil, arachide, coton.).
De 1968 à 1991
Trois faits marquants caractérisent cette période concernant la politique agricole:

" il s'agit de la multiplication entre 1972 et 1978 des organismes de développement qui ne sont plus appelés " programmes " mais " opérations de développement " dites intégrées pour la plupart, compte tenu de leur relative autonomie de fonctionnement et de la diversité des activités menées dans leurs zones d'intervention. Ce fut l'ère des opérations de développement, qui se devaient de traduire en actions la politique agricole décidée par le gouvernement. Ces opérations assuraient dans leurs zones d'intervention tous les services agricoles, notamment l'approvisionnement en intrants.

" la création de la Banque Nationale de Développement Agricole (BNDA) en 1981 pour prendre en charge tous les problèmes de crédit et cela en remplacement de la SCAER. C'est le début d'une professionnalisation du système de crédit.

" le démarrage du Programme de Restructuration du Marché Céréalier (PRMC). C'est aussi le début de la mise en œuvre des premiers programmes d'ajustement structurel qui devaient conduire à la libéralisation progressive de l'économie et à la participation des opérateurs privés à la fourniture des intrants
De 1991 à nos jours

Cette période est marquée par la révolution du 26 Mars 1991. A partir de cette date, le Mali a pris un nouveau tournant en matière d'options de développement.

Celles-ci peuvent se résumer comme suit :

- démocratisation de la vie publique ;
- désengagement de l'État (moins d'État mais mieux d'État) ;
- libre administration des collectivités territoriales par une politique appropriée de décentralisation ;
- libéralisation de l'économie ;
- promotion du secteur privé.

Ces différentes options ont apporté des modifications profondes aux stratégies sectorielles.

Pour le secteur rural, celles-ci se traduisent par :

- le retrait de l' État des activités d'approvisionnement, jadis assurées par les services étatiques au profit des commerçants privés et des groupements associatifs (associations villageoises, coopératives, groupements d'intérêt économique) ;

- la participation des collectivités dans la définition des plans de développement agricole de leurs communes ;
- la responsabilisation des villages dans la gestion des problèmes de développement ;

- le partage des fonctions et responsabilités.

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