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ORGANISATION DE LA LUTTE
Sur le plan institutionnel et réglementaire : Plusieurs structures ont été
mises en place pour cerner la lutte contre le criquet pèlerin.
Il s'agit de :
- Une Cellule de crise au sein de la DNAMR en début de
la crise acridienne pour gérer au quotidien la situation
acridienne ; mais avec l'ampleur du phénomène,
les activités ont vite dépassé le cadre
de la cellule ;
-Un poste de commandement opérationnel (PC-O), mis en
place le 9 Août 2004 avec pour mandat de veiller à
la mise en uvre du dispositif opérationnel, d'évaluer
périodiquement les performances des équipes et
de procéder aux réajustements nécessaires.
Le PCO a été décentralisé aux niveaux
régional et local
-Des Comités de crise régionaux ;
-Un comité national de gestion des fonds alloués
à la lutte contre le criquet pèlerin ;
-Un Comité Technique et Scientifique pour cerner la dimension
environnementale de la lutte anti-acridienne, piloté par
le Ministère de l'Environnement et de l'Assainissement
;
-Un Comité Interministériel de lutte contre le
criquet pèlerin, mis en place et composé des représentants
des différents ministères, avec pour mission d'informer
le Gouvernement de l'évolution de la situation acridienne
et des actions menées pour lutter le fléau ;
-Une Commission nationale de réception et de vérification
des produits, matériels et équipements ;
-Une rencontre hebdomadaire avec les Partenaires au Développement
pour faire le point de l'évolution de la lutte contre
le criquet pèlerin ;
- Deux rencontres hebdomadaires sous la présidence du
Premier Ministre : L''ampleur du fléau a amené
les plus hautes autorités de l'Etat à s'impliquer
directement dans la lutte. C'est dans ce cadre que des membres
du Gouvernement ont effectué deux missions de suivi et
de supervision dans chaque région concernée par
le péril a acridien ;
- Enfin, le Président de la République Son Excellence
Monsieur amadou Toumani TOURE a effectué des visites de
terrain pour apprécier non seulement la situation du criquet
pèlerin mais aussi pour encourager les actions des brigades
villageoises et saluer le patriotisme dont ont fait preuve les
populations face au péril acridien.
Un compte spécial d'un compte spécial ''Criquet
Pèlerin'' n° 267/1313 ouvert à la BDM pour
recevoir les diverses contributions ;
3.2. Sur le plan stratégique :
* L'Unité Nationale de Lutte Contre
le Criquet Pèlerin est la structure technique créée
au sein de la Direction Nationale de l'Appui au Monde Rural depuis
Mai 2002 pour gérer tous les aspects liés à
la surveillance permanente du criquet pèlerin. C'est elle
qui a initié l'élaboration du Plan d'Action Stratégique
de la lutte contre le criquet pèlerin en 2004.
* Un dispositif de lutte terrestre composé de 32 équipes
maliennes, algériennes et libyennes a évolué
dans les zones d'infestations les plus vulnérables sur
le plan agricole avec des moyens autoportés. *
Un dispositif aérien financé par la Banque mondiale,
la FAO et la République Sud-africaine ; *
747 brigades villageoises pour les traitements rapprochés
; * 580 éléments militaires en
appui aux brigades villageoises et aux équipes aériennes
; * Des jeunes volontaires ;
MOYENS MATERIELS ET FINANCIERS
:
Moyens matériels Matériels techniques
Ils se sont essentiellement
composés de :
Appareils de traitement
- 18 Autoportés
- 661 appareils à moteur à dos
- 1.625 appareils à pile
- 2.364 pulvérisateurs conventionnels.
Matériels de Communication :
Radio E/R 141
Matériels de Protection
" Masques anti poussières : 3.963
" Paires de lunettes 4.697
" Paires de gants 3.591
" Paires de bottes 997
" Masques à gaz rechargeables 2.834
" Cartouches de rechanges 4.060
" Combinaisons 4.248
Matériels de prospection :
GPS Garmin : 60
Matériels roulants terrestres :
154 véhicules (dont 33 véhicules fournis par des
pays amis) toutes catégories confondues (de prospection,
véhicules autoportés de traitement, des camions
de transport, de traitement et UNIMOG) ont participé à
la lutte.
Matériels aériens Le dispositif de traitement aérien a été
composé de 12 Avions et d'un hélicoptère.
Moyens financiers Ils
sont de deux origines : les contributions nationales et les financements
extérieurs. Au 2 Novembre 2004, l'ensemble
des contributions mobilisées pour faire face au programme
de lutte contre le criquet pèlerin se chiffrent à
6 067 195 505 FCFA se décomposant comme suit : -
Partenaires à travers le compte spécial : 457 978
500 FCFA
- PASAOP/Banque Mondiale : 2 340 000 000 FCFA
- Partenaires USAID/PNUD : 54 000 000 FCFA
- FAO : 1 523 865 420 FCFA
- Budget National/Union Européenne : 1 060 000 000 FCFA
- Autres contributions dans le compte spécial : 631 351
585 FCFA.
PRINCIPALES DIFFICULTES
RENCONTREES Les difficultés
rencontrées au cours de la campagne de lutte contre le
criquet pèlerin sont de divers ordres :
Difficultés d'ordre technique Elles se résument comme suit :
" Insuffisance du personnel technique
;
" Inaccessibilité de certaines zones infestées
;
" Grande mobilité des essaims de criquet ;
" Inadéquation de certains appareils de traitement
avec les produis utilisés ;
" Insuffisance de matériels techniques ;
" Pannes rencontrées sur certains véhicules
;
" Nombreux cas de ré infestations obligeant les équipes
de traitement à revenir sur leurs traces ;
" Absence de spécialistes de maintenance des appareils
de traitement ;
" Arrivée tardive par rapport au cycle de développement
des insectes de certains avions ;
" Difficultés d'approvisionnement des équipes
terrestres et aériennes en pesticides et en carburant.
Difficultés d'ordre communicationnel Elles sont les suivantes :
" Insuffisance des moyens de communication rendant difficiles
les communications à temps réel sur l'évolution
de la situation du criquet pèlerin;
" Difficultés de communication sur le terrain ne
facilitant pas la coordination des interventions ainsi que le
positionnement des différentes équipes techniques.
Difficultés d'ordre financier Elles se résument comme suit : -
Insuffisance de ressources financières ;
- Difficulté de mobilisation des annonces financières
des partenaires au développement.
RECOMMANDATIONS Au regard des enseignements tirés
de la gestion de la campagne de lutte contre le criquet pèlerin
les recommandations d'ordre général suivantes peuvent
être faites : " Activer la mise en
place de l'Office National de la Protection des Végétaux
;
" Doter l'Office en moyens humains, techniques et financiers
adéquats ;
" Assurer une formation de qualité au personnel dudit
lOffice ;
" Former et recycler les Brigades Villageoises ;
" Anticiper les prospections en 2005 ;
" Mener des actions d'atténuation de la crise alimentaire
qui peut résulter du fait des pertes de production en
assurant notamment un approvisionnent correct en céréales
des populations sinistrées ;
" Développer et intensifier les cultures de contre-saison
dans les zones propices.
CONCLUSION : L'invasion du criquet durant la campagne
2004 a touché 7 régions administratives, 26 préfectures,
150 communes et a mobilisé 32 équipes terrestres
dont 6 de l'Algérie, 1 du Burkina Faso, 1 équipe
de la Libye et 24 du Mali. Egalement 12 avions et 1 hélicoptère
ont constitué la flotte aérienne. Leur intervention
a touché les régions de Kayes, Koulikoro, Mopti,
Gao et Kidal, Les dégâts enregistrés
sur les cultures et les pâturages sont souvent sévères
et localisés dans des zones où le niveau de la
production agricole est souvent aléatoire compte tenu
de l'insuffisance hydrique. Les superficies infestées
ont atteint 942 793 ha sur lesquelles près de 30 % ont
été traitées par le dispositif terrestre
et aérien. Les résultats louables
atteints ont été l'uvre d'une grande mobilisation
de l'ensemble du peuple malien, à travers notamment les
responsables politiques, administratifs et techniques, de l'armée,
des brigades villageoises, des jeunes volontaires et des partenaires
techniques et financiers. Cet engagement volontaire
dénote de toute l'importance que le Gouvernement du Mali
accorde à ce ravageur transfrontalier capable de porter
préjudice à l'économie du Mali déjà
fragilisée par la détérioration des termes
de l'échange, la baisse des cours mondiaux des principaux
produits d'exportation. La guerre a été
déclarée à une seule génération
de criquet. Une bataille a été gagnée grâce,
non seulement au sursaut national, mais aussi aux contributions
fort appréciables des partenaires au développement.
Nous devront cependant rester vigilants et nous préparer
pour d'autres batailles ultérieures car la guerre contre
ce fléau ne sera gagnée que quand il sera définitivement
enrayé de notre pays. |