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L'aménagement
du territoire et la gestion durable des ressources naturelles.
Les plans de développement
durable , la valorisation des ressources naturelles et l'exploitation
de zones spécifiques . IIs doivent tenir compte des zones
agro-écologiques homogènes qui peuvent ne pas coïncider
avec les zones administratives. Le cadre général
est celui de la décentralisation . Les transferts de compétences
de l'état aux collectivités locales touchant aux
sujets traités par la LOA doivent être analysés
dans le cadre de ce processus afin d'en repérer les insuffisances
et de les corriger . La LOA doit mettre en harmonie
, tant au niveau régional que local, les plans et schémas
d'aménagement du territoire et de planification stratégiques
élaborés ou en cours d'élaboration (avant
-projets de schémas Régionaux d'Aménagement
et de Développement, schemas d'Aménagement et de
Développement des Cercles et des Communes). Lorsque des
organes de gestion régionaux et locaux des plans d'aménagements
existent, il faudra les rendre plus fonctionnels.
Le régime
foncier
La question foncière
représente un enjeu politique, économique, social
et culturel majeur. La sécurisation foncière (droits
d'usage ou propriété) est seule à même
de permettre aux agriculteur, éleveurs, pêcheurs
et exploitants forestiers, d'investir en toute confiance sur
des terres dont ils savent qu'ils continueront à les exploiter
sur des périodes justifiant les investissements consentis.
Le mode d'exploitation actuel a des conséquences en terme
de perte de fertilité. En outre , un régime foncier
plus approprié est nécessaire pour permettre un
entreprenariat agricole durable (accès au financement
bancaire, garantie). La LOA doit organiser la
gestion foncière en tenant compte à la fois, des
droits coutumiers et de leur adaptation aux conditions modernes
d'exploitation des terres. Pour ce faire , il
faut assurer l'obtention de titre fonciers , en particulier dans
les zones aménagées, des façon à
garantir l'investissement, la capitalisation et l'accroissement
de la production. La réflexion doit intégrer
l'existant (code domanial et foncier, charte pastorale), quitte
à le faire évoluer. La résolution
de la question foncière aura le double avantage, non seulement,
de réduire voire d'éliminer les conflits mais également
de faciliter le développement de la production agricole. La LOA doit renforcer le rôle des organes reconnus
de gestion des litiges à tous les niveaux dont le but
est la recherche d'une coexistence faite de tolérance
et de respect mutuels entre les différents utilisateurs
de l'espace rural (agriculteurs, éleveurs, pêcheurs
et exploitants forestiers). Compte tenu de la
complexité du sujet, il est nécessaire de définir
un calendrier étalé dans le temps jusqu'au traitement
total de la question , en tenant compte des particularités
régionales : Des étapes évolutives concrétiseront
les avancées significatives du point de vue de la reconnaissance
du droit d'usage, des titres fonciers favorisant les investissements
durables, de la sécurisation de l'exploitation dans les
espaces partagés , de la transmission du patrimoine...
La recherche
agronomique et la vulgarisation
Le développement
de la recherche est fondamental pour assurer la modernisation
de l'agriculture malienne. Elle doit rester multidisciplinaire
et toucher à tous les aspects de l'agriculture: préservation
des ressources naturelles, production, diversification , transformation,
etc
Les programmes de recherche devront
mieux prendre en compte les besoins des producteurs. Pour
que les actions de la recherche produisent les effets attendus,
il faut assure leur financement. Celui-ci doit associer des financements
publics (Etat et Collectivité Territorial) et privés,
y compris les producteur . Secteur privé doit être
mobilisé pour exploiter les résultats de la recherche
(diffusion des semences,exploitation de brevets exemple).II pour
mobiliser la recherche sur des sujets qui le préoccupent
moyennant financement. Le dialogue en la recherche,
les utilisateurs de la recherche et les vulgarisateurs de la
profession agricole doit être renforcé. Les Comités
Nationaux et Régionaux des Utilisateurs de la Recherche
déjà existants doivent être recentrés
sur leurs fonctions de base et dynamisés pour qu'ils jouent
pleinement leurs rôles. Le transfert la vulgarisation agricole
vers la profession ou des structures à son service doit
être accéléré pour devenir une réalité.
Le financement
de l'agriculture
L'agriculture est
une activité économique à part entière.
Elle doit trouver le financement approprié pour accéder
plus facilement aux marchés. Le secteur
agricole bénéficie d'un apport financier important
de la part de l'Etat et des partenaires au développement,
particulièrement pour le financement des infrastructures.
De nombreux et importants projets et programmes sont en cours
d'exécution. Malgré l'importance des fonds injectés,
le secteur n'arrive pas à atteindre les objectifs assignés.
Une réflexion poussée sur les investissements publics
(grandes infrastructures en particulier) à réaliser
doit être menée. Celle-ci doit permettre de distinguer
les contributions de l'Etat de celles des Collectivités
Territoriales et des bénéficiaires d'une part et
d'autre part, l'origine des financements, les critères
de mise de mise en uvre et d'évaluation. L'Etat
doit peser sur la définition des projets et programmes
financés par l'aide extérieure pour ré-orienter
son endettement plus vers l'investissement que vers le financement.
Une meilleure coordination de l'aide extérieure doit être
opérée sous la responsabilité de l'Etat
afin de la rendre plus efficace. La limite entre subventions
et crédits doit être soigneusement précisée
pour ne pas mettre en difficultés les organismes qui font
du crédit. Les organismes financiers mobilisés
doivent être en fonction des spécificités
des explications. La micro-finance financerait l'exploitation
familiale de substance, et éventuellement commerciale
grâce à une évolution des produits proposés,
tandis que les banques agricoles et banques commerciales accompagneraient
les exploitations commerciales et industrielles. Les activités
connexes pourraient être financées par les uns ou
par les autres selon l'importance de la nature des financements
concernés.. Afin de favoriser les financements
à moyen et long terme, L'Etat doit intervenir afin d'aider
à la transformation des ressources courtes des institutions
financières en ressources plus longues. L'Etat
doit également intervenir pour créer des conditions
favorables à la maîtrise des taux d'intérêt
du secteur de la mocro-finance, à la fois, pour les institutions
et pour les emprunteurs. La promotion de l'épargne rurale
doit être encouragée afin de drainer des ressources
et de développement la monétarisation de l'économie. Aussi, est-il opportun de : - développer
le secteur professionnalisé de la micro-finance ;
- Traiter, au delà de l'accès au crédit,
la question des investissements des producteurs ainsi que les
mesures d'accompagnement nécessaires, (bonification de
taux d'intérêts, financement des équipements
par le leasing ou le crédit-bail en encourageant la création
de sociétés spécialisées, encouragement
à la production locale d'équipement et d'intrants
agricoles, etc.) ; - Faciliter l'accès
des femmes et des jeunes ruraux aux crédits agricoles
(garanties spécifiques de l'Etat par exemple) ;
- Créer un Fonds pour le développement des activités
agricoles, bâti sur les ressouces internes de l'Etat, des
collectivités et du secteur privé.
Les intrants, équipements,
aménagements et infrastructures du monde rural Le
secteur rural manque cruellement d'équipements et d'infrastructures
pour assurer la croissance de la production. Or, l'augmentation
des productions agricoles recherchée par la LOA est fortement
dépendante du niveau et de la qualité des équipements
et des infrastructures ruraux (aménagements hydro - agricoles,
pistes rurales, marchés à bétail, etc..). La LOA doit favoriser une politique d'équipement
des producteurs en matériels et technologies modernes
de production. Un programme ambitieux et volontariste d'équipement
du monde rural doit être élaboré. Des unités
de fabrication de matériels agricoles modernes doivent
permettre de satisfaire au mieux les besoins des exploitants. Le désenclavement interne et externe du pays
est une condition de réussite de la LOA. La réalisation
des pistes rurales et des différents corridors est nécessaire
à l'écoulement des produits vers les marchés.
Les projets en cours d'exécution doivent connaître
un rythme plus important de façon à couvrir l'ensemble
du pays. Les aménagements pastoraux et
les ouvrages hydrauliques doivent être réalisés
dans les zones d'élevage. Les équipements
et les infrastructures pour la pêche et la pisciculture
doivent être développés et modernisés
sur l'ensemble des zones de production, de transformation et
de commercialisation. L'approvisionnement de tous
les producteurs en intrants agricoles et à un coût
accessible est une préoccupation qui, à terme,
doit trouver sa réponse dans le soutien à la production
locale.
Maîtrise
de l'eau
L'eau est le facteur
le plus important pour le développement de l'agriculture.
La gestion des ressources en eau constitue un défi majeur
pour un pays sahélien comme le Mali. Deux grands fleuves
et leurs affluents arrosent le pays, régulés par
plusieurs barrages importants. La pluviométrie est irrégulière.
Importante au Sud, elle est souvent déficitaire au dessus
du 14° parallèle. En outre, la gestion
de l'eau reste un problème qui génère souvent
des conflits entre usagers.
Ce problème est aggravé par l'ensablement des cours
d'eau, la dégradation de l'environnement et l'inégalité
dans la répartition de la ressource. Bien
que disposant de ces ressources, la production agricole est fortement
tributaire des aléas climatique, et le Mali reste périodiquement
déficitaire du point de vu de la sécurité
alimentaire.
Le pays dispose d'un important potentiel aménageable en
maîtrise totale de l'eau, notamment dans la zone de l'Office
du Niger et autour des barrages de Sélingue, Baguinéda
et de Manantali.
Il existe également des bas-fonds, des lacs et des mares
ainsi qu'une zone lacustre qui représentent un potentiel
non négligeable en maîtrise partielle. La
mobilisation du potentiel d'eau souterraine doit être une
préoccupation de la LOA pour compléter l'accès
à l'eau. La LOA doit favoriser la maîtrise
de l'eau qui reste un défi majeur pour notre pays. Sans
doute, l'eau est - elle une ressource rare qui impose que l'on
adopte des méthodes d'exploitation soucieuses de son utilisation
économe. Des recherches complémentaires doivent
aller dans ce sens (utilisation étendue du goutte à
goutte, par exemple). La gestion partagée
de l'eau des fleuves entre Etats, organisée au sein de
l'Autorité du Bassin du Niger (ABN) et de l'Organisation
de Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) doit
également être prise en compte afin que le Mali
respecte ses engagements internationaux. La LOA
doit également permettre d'accélérer l'application
du Code de l'eau par la clarification du rôle des différents
intervenants. |