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D'une façon
générale, l'élaboration et la définition
des politiques à la charge de l'Etat ne peuvent se faire
que dans le cadre d'une large concertation avec l'ensemble des
acteurs concernés.
La réflexion autour de la LOA doit être l'occasion
de s'interroger sur les outils nécessaires pour l'amélioration
de ces politiques.
Développement
des productions agricoles
Les principales cultures
considérées sont les céréales sèches
(mil, sorgho, maïs, blé, riz, pluvial
), les
cultures irriguées (riz, canne à sucre, blé,
produits maraîchers
), le coton, l'arachide, les agrumes,
etc. Les contraintes sont liées à la maîtrise
de l'eau (vulnérabilité en rapport avec la pluviométrie
et lourds investissements hydro - agricoles), à l'insécurité
foncière, aux équipements agricoles, aux variétés
et des intrants et des semences, à l'accès au crédit,
à l'évacuation des produits et à leur valorisation,
au faible niveau de qualification des producteurs, etc. La LOA doit encourager l'accroissement
des volumes de production, par une augmentation des rendements
(recherche semencière, disponibilité en engrais,
etc.) et de la productivité des exploitations. La diversification
des productions doit également être encouragée. La LOA doit favorise la mise en place
de plans et cartes locaux et communaux de sécurité
alimentaire. La gestion intégrale
de la qualité qui handicape nos produits pour leur accès
aux marchés doit être prise en charge par la LOA.
Développement
des productions animales
L'élevage
se pratique sur toute l'étendue du territoire. L'importance
et la diversité du cheptel ainsi que son adaptation aux
conditions climatiques constituent des atouts à mettre
à profit pour tirer tous les avantages des modes de production.
La structure naturelle de conduite de l'élevage est la
stratégie la plus importante à travers laquelle
il convient de le développer. Les
éleveurs et les professionnels du secteur ont développé
des capacités importantes dans les pratiques de conduite
de troupeau. Des réflexions complémentaires
doivent être menées en faveur d'un l'élevage
à la fois intensif et sédentaire. De même,
les conditions de coexistence avec l'élevage traditionnel
doivent être recherchée. Il
s'agit d'opérer une planification qui tient compte des
divers modes de production, des potentialités nutritionnelles
et des débouchés pour définir une stratégie
opérationnelle de développement et de modernisation
de l'élevage. Il existe des races avec des aptitudes de
production importante. Celles-ci pourraient être améliorées
génétiquement dans le cadre de plans de sélection
bien réfléchis. Un programme de développement
et de protection de nos races autochtones permettrait de créer
une véritable zone d'élevage spécialisée.
Développement
des productions halieutiques
Le Mali recèle
un potentiel halieutique important essentiellement concentré
dans la zone du delta central du Niger et accessoirement au niveau
des lacs de retenue de Sélingué et Manantali. IL
existe trois systèmes de pêches, celui du delta,
celui de la zone lacustre et celui de la pêche fluviale.
L'insuffisance et la vétusté des équipements
pèsent sur les rendements de la filière et sur
la qualité des produits transformés. La stratégie de développement
de la pêche passe par la modernisation des facteurs de
production, notamment les équipements de pêche,
l'aménagement des pêcheries, les infrastructures
de transformation et de commercialisation. Cette
approche doit être complétée par l'extension
et le développement de la pisciculture encore insuffisamment
pratiquée.
Développement
des ressources forestières et fauniques
Le Mali dispose de
ressources forestières et fauniques diversifiées.
Mais elles connaissent des processus de dégradation très
préoccupants. Pourtant autour de ces ressources se sont
constituées des filières diversifiées (bois,
karité, gomme arabique, baobab, écotourisme, etc... La stratégie de développement
doit d'abord intégrer les actions de préservation
des ressources forestières et fauniques pour ensuite engager
une politique vigoureuse de valorisation. La
protection et la réintroduction des espèces jadis
existantes dans notre pays doivent accompagner les politiques
de préservation, de développement et de valorisation
de la faune.
Les filières
porteuses
Le Mali dispose d'avantages
comparatifs confirmés par rapport aux autres pays de la
sous-région notamment dans les filières riz, mil/sorgho,
maïs, coton, bétail, poisson d'eau douce et produits
maraîchers et de cueillette. IL s'agit de concevoir une
politique de promotion des filières et de développement
d'un secteur agro-industriel performant et compétitif.
La réglementation doit favoriser la transformation de
nos produits agricoles en produits finis et semi-finis, porteurs
de valeur ajoutée, conditionnés et labellisés
selon les normes admises. Des
agences de promotion de filières doivent être envisagées.
Elles rassembleront tous les acteurs et seront gérées
par les interprofessions.. La
réflexion à l'occasion de l'élaboration
de la LOA doit aussi porter sur les conditions nécessaires
pour : - Organiser et diversifier
les filières de production par région et par zone
agro-écologique homogène ; -
Créer et améliorer les échanges avec les
marchés régionaux et la périphérie
de Bamako pour les transactions ; -
Assurer la collecte et la diffusion des informations sur les
transactions, les prix, le suivi des normes et qualités
des produits, sur les marchés nationaux et sous-régionaux
des produits agricoles. Les Nouvelles Technologies de l'Information
et de la Communication (NTIC) doivent être utilisées
à cet effet ; -
Favoriser l'émergence d'un secteur privé doté
de capacités techniques et financières suffisantes
pour investir et participer au développement des filières
; - Concevoir une fiscalité
et une politique d'investissement à la fois incitatives
et adaptées au développement des filières, - Mettre en place une politique de
signes collectifs de qualité pour valoriser les meilleures
productions du Mali.
Les marchés
Au-delà de
l'autoconsommation couverte par l'exploitation familiale, le
marché demeure la finalité et le principal vecteur
incitatif pour le choix des filières agricoles et des
niveaux de production de l'exploitation commerciale et de l'exploitation
industrielle. En effet, l'une des finalités
est la conquête des marchés. La
notion de marché s'entend non seulement en terme d'infrastructures
physiques, (lieu de rencontre entre l'offre et la demande) mais
aussi en terme spatial, exprimant un besoin solvable pour un
produit agricole. Le secteur privé joue
un rôle moteur dans la stratégie de développement
des marchés en s'organisant aux niveaux national (Chambre
consulaire, organisations professionnelles et inter-professionnelles),
sous-régional et continental en développant des
actions de promotion des produits, en instituant des systèmes
d'informations sur les différents marchés (bourses
locales ou régionales). La
L.O.A. doit définir et classer les infrastructures (de
marché) nécessaires pour assurer l'accès
aux produits agricoles au niveau local, régional, national
et international. Elle doit, pour chaque type de marché,
définir les conditions de réalisation de l'infrastructure,
son mode de financement, ses conditions d'accès et proposer
un modèle d'organisation efficace. Se
situant résolument sur la voie de l'intégration
sous-régionale et continentale, le Mali doit s'engager
politiquement dans une réflexion qui intègre l'idée
d'un Marché Commun Agricole. A ce titre, la L.O.A. doit
s'atteler à définir la notion de marché
porteur découlant des avantages spécifiques de
la production agricole du Mali ainsi que les conditions et stratégies
indispensables à sa croissance durable. La protection
du consommateur devra être assurée dans ce même
cadre aussi bien pour les produits nationaux que les importations
agricoles. La L.O.A. doit clairement
identifier les principaux acteurs du marché et réglementer
strictement leurs rôles respectifs afin de garantir un
développement harmonieux de la production agricole. Le secteur privé doit jouer
un rôle moteur dans la stratégie de développement
des marchés en s'organisant au niveau national (Chambres
consulaires, Organisations Professionnelles et Inter-Professionnelles),
sous-régional et continental en développant des
actions de promotion des produits, en instituant des systèmes
d'information sur les différents marchés (Bourses
Locales ou Régionales). |