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 DECLARATION DE BAMAKO SUR LE DEVELOPPEMENT DE LA FILIERE COTONNIERE EN AFRIQUE DE L'OUEST ET DU CENTRE
 
 
 
 

PRESENTATION
Notre pays a connu avant la loi en cours d'élaboration plusieurs plans, programmes et schémas directeurs dont la vocation était assurément de sortir l'agriculture de la situation dans laquelle elle était plongée depuis l'indépendance. Des résultats fort appréciables ont été certes obtenus mais ils n'ont guère eu l'impact attendu qui était d'une part, de faire de l'agriculture le pilier de l'économie nationale et d'autre part, de mieux sécuriser les acteurs de l'agriculture. Ces derniers, il faut bien le rappeler, restent exposés à la précarité parce que la production agricole est tributaire des aléas climatiques.
Cette situation qui est loin d'être une fatalité, interpelle fortement chacun de nous. Dès lors, on comprend pourquoi le Président de la République dans une approche volontariste, entend faire de l'agriculture le moteur de l'économie nationale. A cette fin, il a proposé d'élaborer une loi d'orientation agricole.
Annoncée à Koutiala le 14 juin 2003, la loi d'orientation agricole procède d'une approche résolument originale parce que holistique des problèmes de l'Agriculture. Deux aspects majeurs expliquent le caractère novateur de la démarche.
1° ) Elle consacre un document normatif et par conséquent, contraignant à la différence des documents antérieurs ( plans, programmes, schémas directeurs…) qui avaient un caractère purement indicatif : la loi d'orientation agricole constituera la référence qui oblige l'ensemble des acteurs de l'agriculture. En dépit de son caractère ordinaire, elle sera une " loi cadre ", c'est à dire une loi qui constitue le point de convergence d'autres lois dont l'objet est de la mettre en œuvre .Aux cas où ces lois particulières n'existent pas, il faudra les prendre et si elles existent il conviendra d'en envisager la relecture afin de les rendre compatibles avec la future loi.
2° ) Elle est globale en ce qu'elle embrasse non seulement les activités agricoles au sens strict du terme mais également toutes celles situées en amont et en aval et qui conditionnent le développement de l'Agriculture ( le financement bancaire, la transformation, le transport, la recherche, etc. )
Pour concrétiser l'initiative d'élaborer une loi d'orientation agricole, l'option s'est faite en faveur d'une méthode qui, sans figer le débat a le mérite de l'éclairer. Elle consiste à préparer un document de base, esquisse de la future loi qui est soumis aux débats des acteurs. Son contenu fera l'objet d'un échange entre les différents acteurs de l'agriculture qui pourront l'enrichir. Le processus de concertation prévu débouchera sur une synthèse nationale laquelle sera transcrite en la forme juridique par une équipe d'experts.
Pour des raisons de cohérence et de commodité, la charpente de la LOA a été construite autour de cinq (5) thèmes, chacun faisant l'objet d'un titre de la loi :
Le premier décrit les objectifs généraux et les stratégies du développement agricole. A travers celui-ci, il s'agira surtout de donner à la LOA une légitimité en indiquant sa finalité tant au plan interne qu'au plan international.
Le deuxième traite des Hommes au sens large de la mesure où sont abordées les questions liées au statut des exploitants et exploitations agricoles, aux organisations de la profession agricole et à la formation des professionnels du secteur. La loi d'orientation agricole aura pour effet notamment d'améliorer la qualité des ressources humaines et de renforcer les capacités des organisations du secteur agricole.
Le troisième se rapporte aux facteurs de productions c'est à dire l'ensemble des activités et biens matériels qui concourent à l'amélioration de la production agricole. Il s'agit, entre autres, de la gestion rationnelle de la terre, des ressources naturelles et du régime foncier, du financement de l'agriculture, de la maîtrise de l'eau, de la réalisation d'infrastructures et d'équipements agricoles, du soutien à la recherche agronomique.
Le quatrième concerne d'une part, les stratégies de développement de la production dans les domaines agricoles, animales, halieutique, forestière et faunique et d'autre part, la promotion des filières et des marchés. Ce chapitre devrait apporter une réponse à des questions aussi essentielles que l'accroissement des productions dans les différents sous secteurs de l'agriculture, la transformation de ces productions de façon à leur donner une valeur ajoutée, la qualité des productions agricoles, l'organisation du marché intérieur, l'accès aux marchés extérieurs.
Le cinquième titre traite du cadre institutionnel qui accompagnera l'entrée en vigueur de la nouvelle loi. Il est ainsi préconisé de mettre en place un organe dont la vocation sera de donner au Président de la République des avis éclairés sur l'ensemble des questions touchant à l'agriculture.

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